28/08/2006

Enfance

"Le père et la mère doivent tout à l'enfant. L'enfant ne leur doit rien."

 

Jules Renard

18:26 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

17/08/2006

L'amour avec un grand A

Voici un autre texte écrit il y a deux ans...

 

L’amour avec un grand « A », qui n’y croit pas ?

 

Malheureusement beaucoup ! Le scepticisme les pousse à dire que cela n’est qu’un montage créé par les médias (l’excuse est facile) et les rêveurs. La facilité les incite à ajouter que cela ne sert à rien de s’entêter à rester avec la même personne toute sa vie, que c’est normal de papillonner car l’Homme est ainsi fait.

 

Pourtant, je veux pouvoir y croire à l’amour vrai, à l’homme ou la femme de sa vie.

 

Certains me diront que je suis jeune. Certes, ils ont raison. Mais est-ce pour ça qu’ils sont devenus si cyniques ? Parce qu’eux ne le sont plus ? Je n’en sais rien. Mais de toute façon, cela ne doit pas être l’unique raison. Peut-être n’ont-ils vécu que des histoires d’amour qui se sont mal terminées et qui leur ont fait perdre tout espoir de bonheur lié à l’amour vrai ? Peut-être, plus simplement, ont-ils cru que cet amour leur tomberait tout cru dans la bouche, comme si cela coulait de source… ?

 

Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples. Même si, à mon humble avis, l’amour avec un grand « A » existe, il faut faire des efforts pour le construire (jusque là, la majorité est d’accord, et le fait, d’ailleurs), mais aussi pour le conserver.

 

Trop souvent, les amoureux ensemble depuis longtemps croient leur couple acquis et ne tentent plus guère d’efforts pour entretenir la flamme qui s’éteint, petit à petit.

 

La flamme. Pourquoi tant d’auteurs usent de cette métonymie ? Peut-être parce que c’est celle qui s’approche le plus de la vérité : il faut tourner le bâton longtemps dans les brindilles pour qu’une flamme, d’abord toute petite, puisse naître ; c’est le jeu de la séduction, avec ses longs regards, ses petits sourires, ses balades, ses cinémas, ses bouquets de fleurs pour enfin obtenir un baiser.

 

Ensuite, pour que la flamme grandisse et s’épanouisse, on rajoute quelques brindilles, on l’entoure de pierres pour la protéger, on souffle un peu dessus pour l’attiser, … C’est la construction du couple qui se met en place, l’apogée de l’histoire d’amour pour certains, mais aussi le début de la fin… car petit à petit s’installe un sentiment d’acquis. On ne fait plus ou peu d’efforts, c’est dans la poche.

 

C’est là la plus grosse erreur car l’amour vrai ne fait alors que commencer. Et pour le maintenir en vie, il faut le nourrir et le protéger, sinon, la flamme s’éteint, souvent définitivement. J’admire ces couples qui se connaissent depuis toujours et qui se connaissent sur le bout des doigts, sans jamais être lassé l’un de l’autre…

 

Même lorsque l’on vit ensemble, je pense qu’il est nécessaire de continuer à montrer à sa moitié qu’on existe et qu’on l’aime. Et souvent, quelques attentions suffisent : un déjeuner au lit, un dîner au restaurant, une rose « oubliée » sur l’oreiller, un « je t’aime » glissé à l’oreille. Inutile d’être un génie.

 

Toujours est-il que l’amour toujours, j’y crois, et je suis prête à beaucoup pour concrétiser ce rêve.

10:15 Écrit par Tayiam dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

02/08/2006

maltraitance

             L'article qui suit me tient particulièrement à coeur. Je l'ai écrit il y a déjà deux ans, quelques semaines avant mon entrée à l'unif'. Un peu long, il est vrai, mais à lire jusqu'au bout... ;)

 

            A la télévision, je viens de voir un débat sur la maltraitance : peut-on se reconstruire ? Chaque intervenant, une ancienne victime, entrait à tour de rôle sur le plateau relater les faits qu’il avait vécus.

            La première chose qui m’ait frappée est le fait qu’à chaque nouvelle arrivée, les participants commençaient par dire : « J’ai beaucoup d’admiration pour le courage de ces gens (en montrant les autres victimes). Leur histoire est terrible ! » Comme si la leur ne l’était pas. Comme s’il y avait négation de leur propre malheur.

            Pour être tout à fait exacte, il ne s’agit pas d’une véritable négation de leur souffrance mais plutôt d’une forme de protection, de relativisme de leur propre douleur (« il y a pire que moi »). De plus, il faut aussi comprendre que leur histoire, ils ont eu le temps, en quelque sorte, de la digérer. Ils ont dû faire face au moment même et ce fut dur, certes. Mais, à présent, c’est fait, c’est fini… et ce n’était peut-être pas aussi terrible que ça, finalement.

            C’est là qu’intervient la véritable négation du mal, comme si ce qu’ils avaient vécu n’était pas si horrible. Car on parle bien, ici, de maltraitance au sens le plus grave du terme, avec tout ce que ça contient de violences physiques, sexuelles et psychologiques.

            C’est donc dans ces moments de déni de soi, car cette maltraitance fait partie à tout jamais de leur histoire, de leur être, qu’il est important que quelqu’un, qui qu’il soit, rappelle à la victime que son récit, son histoire est terrible aussi.

 

            Tous parlaient de la difficulté d’en parler et du besoin, pourtant, de se libérer de ce passé qui fait mal en en parlant, en écoutant, regardant, sentant la réaction de l’autre, pour voir, pour savoir si l’on est toujours considéré comme normal.

            Et c’est vrai que, bien souvent, la victime a l’impression que personne au monde ne peut la comprendre, jusqu’à ce qu’enfin une personne, un « libérateur » prenne enfin conscience de cette souffrance, sans que celle-ci ne soit nécessairement exprimée oralement car de nombreux signes autres que la paroles sont révélateurs d’un trouble, même si, soyons honnête, ces signes ne sont pas (ni ne peuvent être) systématiquement (re-)liés à une maltraitance.

 

            Il reste néanmoins nécessaire que quelqu’un prenne conscience de ce mal-être.

            A partir de là, l’échelle de sauvetage est lancée. Ce « libérateur » peut aider efficacement la victime en faisant appel à des spécialistes (psychologues, centre PMS, médecin, centres spécialisés pour femmes battues, SOS enfants, et bien d’autres) mais aussi en étant et restant une oreille attentive pour la victime : l’écouter, être présent, la rassurer… et surtout, arriver à lui extirper cette foutue douleur en parlant de son histoire.

            De fait, je suis en parfait accord sur ce point, avec Françoise Dolto pour qui toute thérapie doit passer par une prise de parole du patient sur sa souffrance, que cela se fasse avec un thérapeute ou non, peu importe.

            Malheureusement, il arrive bien souvent que l’enfant ne trouve personne avec qui en parler, se persuadant de plus en plus que ce qu’il vit est normal, que c’est ainsi dans toutes les familles voire que c’est lui qui n’est pas normal d’en souffrir ainsi, de ne pas accepter cette situation ou de ne l’accepter que mal. Et ce n’est souvent qu’une fois adolescent voire adulte qu’il se rend compte, au détour d’une banale conversation ou par une prise de conscience de l’image familiale véhiculée par les médias, que ce n’est pas normal.  

            Cela n’empêche pas certains enfants maltraités devenus adultes de reproduire leur schéma familial sur leur(s) propre(s) enfant(s).

            Est-ce à dire que tout enfant battu deviendra nécessairement batteur d’enfants ? Bien sûr que non, il ne s’agit en aucun cas d’une vérité générale. Même s’il est vrai qu’une très grande majorité de parents qui maltraitent leurs enfants ont eux-mêmes été maltraités étant enfant, le contraire est loin d’être vrai !

            Alors, pourquoi certains arrivent à surpasser ce mal et à construire un nouveau schéma familial quand d’autres en sont incapables ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre car, ici aussi, aucune vérité générale ne peut être admise : il s’agit d’analyser les situations au cas par cas.

            Néanmoins des essais d’explication peuvent être formulés.

            Ainsi a-t-on remarqué que certains enfants arrivent à quérir une force en eux et à voir plus loin que le présent : ils peuvent, dès lors et bien que maltraités, avoir d’excellentes notes à l’école, par exemple, s’acharnant à l’étude dans le but présent que le temps passe plus vite, et d’oublier, pour un temps, l’horreur de la vie quotidienne, mais aussi dans le but futur d’être enfin un adulte indépendant, inaccessible à l’emprise de son bourreau. D’autres se lancent corps et âme dans une entreprise, une discipline qui leur tient à cœur (dessin, football, cheval, …) et qui leur permettra d’être enfin reconnu.

            Bien d’autres exemples pourraient être cités.

            On observe, là, des enfants qui tentent de surpasser leur souffrance, de l’oublier (de la nier ?) pour rendre la vie plus supportable au jour le jour. Malheureusement, certains n’y arrivent pas, et se fondent dans une déprime, dans un malaise, dans un mal-être même, permanent, ce qui amène parfois, dans le pire des cas, au suicide.

            C’est à nous, les adultes, de détecter ce mal, et de donner à ces enfants une raison de vivre, autre que leur souffrance. A nous d’essayer de les protéger de toute violence familiale. A nous aussi de créer des institutions dignes de ce nom pour les accueillir au mieux, le cas échéant, et les aider. A nous, enfin, d’agir pour que ces enfants malheureux aujourd’hui soient des adultes épanouis demain.

10:18 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |