08/10/2006

La joie de la liberté

Une nouvelle année commence.

 

Il y en a qui prennent de bonnes résolutions le 1er janvier, moi, c’est le 15 septembre ! Cette année, je vais travailler. Je vais commencer tôt. Je vais moins sortir aussi. Et aller à tous les cours. J’aurai des notes en ordre. Et j’aurai fait tous mes résumés avant la session. Moi-même, hein !

 

En réalité, je vais surtout emménager seule, loin de mes parents… Et oui, cette année, je découvre la joie du kot et de la cohabitation. La joie de l’indépendance, et avec elle, la joie de faire ses courses, de penser à son linge (ouais, y a pas de buanderie, ici !), d’imaginer les repas que je vais préparer (bon, j’ai déjà fait des raviolis, des pâtes bolo, une pizza, qu’est-ce que je fais aujourd’hui ?), de compter soigneusement son budget, …

 

Bref, toutes les joies de la vie d’adulte.

 

Mais la co-location, c’est surtout rencontrer de nouvelles personnes. A mon étage, trois filles, quatre garçons.

 

Les premiers jours, on se dit bonjour, on se présente.

-         Salut, je m’appelle George.

-         Salut, je m’appelle Miriam.

 

Au fil des jours les présentations se font de plus en plus longues :

-         Moi, je fais Solvay. Je suis en première. Et toi ?

-         Ben, moi, je suis en Droit, en troisième.

-         Et tu habitais où avant ?

-         Chez mes parents (sans blague ?!). Oui, enfin, à Bruxelles quoi. (j’ai vu à sa tête que ma première réponse n’était pas celle qu’il attendait…). Et toi ?

-         A Namur.

 

Et puis, bon, on se rend compte qu’on découvre tous les mêmes joies pour la première fois (sauf un des gars, le plus âgé, qui kotte depuis trois ans).

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai appris à cuisiner jeune, et je me débrouille plutôt pas mal. Le seul truc c’est que j’ai appris à cuisiner pour sept (et oui, vive les grandes familles), et sur une cuisinière au gaz. Là, je dois cuisiner pour moi seule, et sur une cuisinière électrique : cette saleté met bien plus de temps pour chauffer ! Mais aussi bien plus de temps pour refroidir… Et puis, le proportions ne sont pas du tout les mêmes.

 

Bref, lundi dernier, je me retrouve à cramer mon plat. Irrécupérable. J’ai oublié d’enlever la casserole de la plaque. Pourtant, je l’avais éteinte (la plaque… Vous suivez ?). Mais le temps qu’elle refroidisse, tout était cramé…

 

Alors, j’ouvre un carton de soupe. Et je remplis ma casserole. Evidemment, pour moi toute seule, c’était beaucoup trop, une casserole.

-         Hé George, on partage une soupe ?

-         Pourquoi pas ! Moi, j’ai fait de la sauce bolo et des pâtes pour un régiment ! On partage aussi ?

-         Super ! Mais il reste trop pour nous deux…

-         Hé Jean, ça te dit une soupe et un spaghetti bolo ?

On a fini à quatre ! Première soirée entre coloc’.

 

Au début, chacun prend un peu ses marques. La salle commune (le commu, ou la cuisine…) se remplit petit à petit. Chacun amène son produit vaisselle, son éponge, son essuie de cuisine. Le sentiment de ridicule (sept produits vaisselles devant un évier, c’est pas courant) s’insinue en chacun de nous, petit à petit. Jusqu’à ce que quelqu’un se décide.

-         Hé, et les gars, si on partageait ? Ca prendrait moins de place, et puis, c’est plus sympa !

Ouf !

 

Quatre garçons, trois filles. Nous les filles, on a l’habitude de cuisiner, et on arrive à s’en sortir sans trop de problèmes. Les garçons, par contre, ont un mal fou ! Quoi ? Sexiste, moi ? Non, mais un résidu de sexisme dans notre éducation, oui (j’ai joué avec des poupées et des barbies, mon meilleur ami avec des voitures et des jeux de construction !) ! Le regard perplexe de George face à sa poêle et son steak a valu son pesant d’or.

-         Je dois mettre du beurre ? En quelle quantité ?

-         Ben, juste assez pour que ça ne colle pas au fond de ta poêle.

-         Ah, bon…

 

Le bâtiment que j’occupe est tout neuf. Ca a plein d’avantages : c’est tout beau, tout technologique, on peut se la péter devant les autres. Mais ça a surtout plein d’inconvénients : la maison n’est pas finie, c’est donc tout poussiéreux, les ascenseurs déconnent complètement, il n’y a pas de chauffage (à cette période-ci de l’année, ce n’est pas encore dramatique, mais bon), il n’y a pas encore de raccordement à internet ni à la télédistribution, des trous peu esthétiques ornent nos murs, etc.

 

Mais le pire du pire : c’est la douche ! Je n’ai pas d’eau chaude. Enfin, si. Mais pas à tous les moments de la journée. A 8 heures moins quart, non. Mais à 9 heures, oui. A 10 et 11 heures, on oublie. A midi, oui. Et là, c’est encore plus drôle : si elle est utilisée à la cuisine, je n’en ai pas dans ma chambre. Partageant la cuisine à 7, elle est quasi occupée non stop jusqu’à 14 heures. Et là, il n’y a plus d’eau chaude… Etc.

Bref, je peux prendre ma douche entre 8h45 et 9h15, pas avant, pas après !

 

Petit à petit, on se lie d’amitié avec nos co-kotteurs. Et c’est vraiment sympa. Premier dvd partagé sur des chaises inconfortables en bois, dans le commu. Puis, dans la chambre de l’un ou de l’autre (bien plus confortable, un lit qu’une chaise!). Première soirée ensemble, hors de l’appartement. D’abord au TD. On découvre nos nouveaux voisins sous un autre jour : leur côté bourré ! Ca peut être drôle… Ou pas. Puis, on va boire un verre. Et puis, et puis, …

 

Toutes ces petites choses rapprochent. Ou éloignent. Des affinités se créent avec certains, pas du tout avec d’autres. Un microcosme dans un appartement de sept.

 

Une belle étape avant d’entamer, pour de vrai, cette fois, la vie d’adulte qui nous attend ?

18:13 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

... Moi, ben, je veux rester un gamin.
...
'fin je veux surtout qu'on fasse la cuisine à ma place.
Hem...

Y'a toujours un zeugme dans ton texte. J'te jure...

Écrit par : Arlequin, la seule, la vraie quichasse des bois | 10/10/2006

Youhou!

J'ai de l'eau chaude la nuit! Quel progrès... :D

Écrit par : tayiam | 10/11/2006

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