22/10/2006

Il fait noir

Il fait noir.

 

Une petite fille est assise au fond de la pièce. Les jambes repliées entre ses petits bras. Elle tremble. En silence. Elle voudrait tant disparaître. Devenir invisible. Alors, elle se fait la plus silencieuse possible. Même sa respiration devient inaudible.

 

Elle ferme les yeux. Ses poings serrés, elle attend que le temps passe. Elle attend. Elle ne sait pas trop quoi. Un jour meilleur, peut-être ? Elle aimerait tellement une vie meilleure. Une vie avec des rires, des nœuds dans les cheveux, des étincelles dans les yeux, une petite sirène sur son plumier, comme ses amies, à l’école.

 

Elles ont tellement tout ce qu’elles veulent, elles ? Pourquoi pas cette petite fille, là ? Pourquoi tant d’injustices ?

 

La petite fille imagine sa vie autrement. Un rêve à la Harry Potter où quelqu'un viendrait la chercher pour la conduire dans un endroit merveilleux. Elle aurait des pouvoirs magiques surpuissants et vaincrait tous les méchants.

 

Mais le noir l’enveloppe tous les soirs. Et personne ne vient la délivrer.

 

Dans le salon, ses parents n’ont de cesse de faire retentir leurs cris. Joyeux ou en colère en fonction de l’humeur de l’alcool qu’ils ont ingéré ce jour-là…

 

La petite fille commence petit à petit à comprendre ce qu’elle attend : elle attend de grandir. Vite. Très vite. Pour fuir cette vie infernale le plus rapidement.

00:30 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/10/2006

Quand quelqu'un nous aime

Quand quelqu'un nous aime, la manière de dire notre nom est différent. On sait que notre nom est en sécurité dans leur bouche.

Alain (4 ans)

16:29 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Pense-t-il à moi ?

Pense-t-il à moi ?

 

Ou plutôt, pense-t-il à moi comme je pense à lui ?

 

Imagine-t-il ses lèvres sur les miennes, ses mains sur mon corps, les miennes sur le sien, nos souffles se confondant, nos respirations ne faisant qu’une ? Moi, je l’imagine. Et ça me fait d’autant plus mal que chaque jour nos regards se croisent sans qu’aucune étincelle ne jaillisse. Ni de son côté ni du mien. Pourquoi ?

 

Pourquoi ?

 

L’éternelle question…

 

Ais-je des reproches à lui faire ? Aucun. En a-t-il à m’adresser ? Je l’ignore. S’éviter, se chercher, s’épier… Est-ce un jeu que je joue seule ? Je n’en ai pas la moindre idée.

 

Quand osera-t-il s’approcher de moi, me prendre dans ses bras, me serrer contre lui ? Quand comprendra-t-il que c’est la seule chose qui pourrait me rendre ma joie de vivre que je feins d’avoir retrouvée ? Quand ?

 

Quand ?

 

C’est l’autre éternelle question…

 

Pense-t-il à moi ?

 

C’est mon rêve secret.

16:22 Écrit par Tayiam dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

11/10/2006

Une ombre

Une ombre passe.

 

Je ne la regarde pas.

 

Je ne la regarde jamais.

 

Pourtant, elle est bien là.

 

J’ai fait l’erreur de me demander qui elle était. Une fois. Pas deux. Je ne veux pas le savoir. Elle est là, et c’est tout ce qu’il me suffit de savoir.

 

Parfois elle tente de s’imposer face à moi. Mais, je ne peux pas. Je ne veux pas. Je ne suis pas prête.

 

Alors, elle se retire doucement, et reste à mes côtés, silencieuse.

 

Oh, elle n’est jamais bruyante. Jamais. C’est peut-être sa seule qualité.

 

Quoiqu’il eût peut-être été plus facile pour moi qu’elle le soit. Qu’elle s’impose, malgré ma volonté. Que je connaisse (ou reconnaisse) enfin son message. Que j’ai au moins quelque chose à haïr. Puis, qu’elle s’en aille, aussi sournoisement qu’elle est apparue. Aussi rapidement aussi.

 

Mais non. Elle reste une compagne silencieuse à mes côtés depuis six mois.

 

Peut-être aurais-je un jour le courage de l’affronter.

 

Peut-être…

18:09 Écrit par Tayiam dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/10/2006

 Fréquentations?

Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations. Tenez, Judas, par exemple, il avait des amis irréprochables.

 

Verlaine

21:22 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/10/2006

La joie de la liberté

Une nouvelle année commence.

 

Il y en a qui prennent de bonnes résolutions le 1er janvier, moi, c’est le 15 septembre ! Cette année, je vais travailler. Je vais commencer tôt. Je vais moins sortir aussi. Et aller à tous les cours. J’aurai des notes en ordre. Et j’aurai fait tous mes résumés avant la session. Moi-même, hein !

 

En réalité, je vais surtout emménager seule, loin de mes parents… Et oui, cette année, je découvre la joie du kot et de la cohabitation. La joie de l’indépendance, et avec elle, la joie de faire ses courses, de penser à son linge (ouais, y a pas de buanderie, ici !), d’imaginer les repas que je vais préparer (bon, j’ai déjà fait des raviolis, des pâtes bolo, une pizza, qu’est-ce que je fais aujourd’hui ?), de compter soigneusement son budget, …

 

Bref, toutes les joies de la vie d’adulte.

 

Mais la co-location, c’est surtout rencontrer de nouvelles personnes. A mon étage, trois filles, quatre garçons.

 

Les premiers jours, on se dit bonjour, on se présente.

-         Salut, je m’appelle George.

-         Salut, je m’appelle Miriam.

 

Au fil des jours les présentations se font de plus en plus longues :

-         Moi, je fais Solvay. Je suis en première. Et toi ?

-         Ben, moi, je suis en Droit, en troisième.

-         Et tu habitais où avant ?

-         Chez mes parents (sans blague ?!). Oui, enfin, à Bruxelles quoi. (j’ai vu à sa tête que ma première réponse n’était pas celle qu’il attendait…). Et toi ?

-         A Namur.

 

Et puis, bon, on se rend compte qu’on découvre tous les mêmes joies pour la première fois (sauf un des gars, le plus âgé, qui kotte depuis trois ans).

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai appris à cuisiner jeune, et je me débrouille plutôt pas mal. Le seul truc c’est que j’ai appris à cuisiner pour sept (et oui, vive les grandes familles), et sur une cuisinière au gaz. Là, je dois cuisiner pour moi seule, et sur une cuisinière électrique : cette saleté met bien plus de temps pour chauffer ! Mais aussi bien plus de temps pour refroidir… Et puis, le proportions ne sont pas du tout les mêmes.

 

Bref, lundi dernier, je me retrouve à cramer mon plat. Irrécupérable. J’ai oublié d’enlever la casserole de la plaque. Pourtant, je l’avais éteinte (la plaque… Vous suivez ?). Mais le temps qu’elle refroidisse, tout était cramé…

 

Alors, j’ouvre un carton de soupe. Et je remplis ma casserole. Evidemment, pour moi toute seule, c’était beaucoup trop, une casserole.

-         Hé George, on partage une soupe ?

-         Pourquoi pas ! Moi, j’ai fait de la sauce bolo et des pâtes pour un régiment ! On partage aussi ?

-         Super ! Mais il reste trop pour nous deux…

-         Hé Jean, ça te dit une soupe et un spaghetti bolo ?

On a fini à quatre ! Première soirée entre coloc’.

 

Au début, chacun prend un peu ses marques. La salle commune (le commu, ou la cuisine…) se remplit petit à petit. Chacun amène son produit vaisselle, son éponge, son essuie de cuisine. Le sentiment de ridicule (sept produits vaisselles devant un évier, c’est pas courant) s’insinue en chacun de nous, petit à petit. Jusqu’à ce que quelqu’un se décide.

-         Hé, et les gars, si on partageait ? Ca prendrait moins de place, et puis, c’est plus sympa !

Ouf !

 

Quatre garçons, trois filles. Nous les filles, on a l’habitude de cuisiner, et on arrive à s’en sortir sans trop de problèmes. Les garçons, par contre, ont un mal fou ! Quoi ? Sexiste, moi ? Non, mais un résidu de sexisme dans notre éducation, oui (j’ai joué avec des poupées et des barbies, mon meilleur ami avec des voitures et des jeux de construction !) ! Le regard perplexe de George face à sa poêle et son steak a valu son pesant d’or.

-         Je dois mettre du beurre ? En quelle quantité ?

-         Ben, juste assez pour que ça ne colle pas au fond de ta poêle.

-         Ah, bon…

 

Le bâtiment que j’occupe est tout neuf. Ca a plein d’avantages : c’est tout beau, tout technologique, on peut se la péter devant les autres. Mais ça a surtout plein d’inconvénients : la maison n’est pas finie, c’est donc tout poussiéreux, les ascenseurs déconnent complètement, il n’y a pas de chauffage (à cette période-ci de l’année, ce n’est pas encore dramatique, mais bon), il n’y a pas encore de raccordement à internet ni à la télédistribution, des trous peu esthétiques ornent nos murs, etc.

 

Mais le pire du pire : c’est la douche ! Je n’ai pas d’eau chaude. Enfin, si. Mais pas à tous les moments de la journée. A 8 heures moins quart, non. Mais à 9 heures, oui. A 10 et 11 heures, on oublie. A midi, oui. Et là, c’est encore plus drôle : si elle est utilisée à la cuisine, je n’en ai pas dans ma chambre. Partageant la cuisine à 7, elle est quasi occupée non stop jusqu’à 14 heures. Et là, il n’y a plus d’eau chaude… Etc.

Bref, je peux prendre ma douche entre 8h45 et 9h15, pas avant, pas après !

 

Petit à petit, on se lie d’amitié avec nos co-kotteurs. Et c’est vraiment sympa. Premier dvd partagé sur des chaises inconfortables en bois, dans le commu. Puis, dans la chambre de l’un ou de l’autre (bien plus confortable, un lit qu’une chaise!). Première soirée ensemble, hors de l’appartement. D’abord au TD. On découvre nos nouveaux voisins sous un autre jour : leur côté bourré ! Ca peut être drôle… Ou pas. Puis, on va boire un verre. Et puis, et puis, …

 

Toutes ces petites choses rapprochent. Ou éloignent. Des affinités se créent avec certains, pas du tout avec d’autres. Un microcosme dans un appartement de sept.

 

Une belle étape avant d’entamer, pour de vrai, cette fois, la vie d’adulte qui nous attend ?

18:13 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |