29/11/2006

Coeur

Personne ne peut fuir son coeur. C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit.

 

Paulo Coelho

17:23 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/11/2006

Grand-mère

 

Un sourire figé dans un cadre. Un autre figé sur mon visage contemplant ce cadre. Une éternité s’écoule avant que je ne bouge. Aucune larme ne coule le long de mes joues. Mes yeux ne sont pas anormalement humides.

 

Le temps efface tant de douleurs. Je ne pouvais contempler, il y a à peine quelques mois, la seule image qu’il me reste de ma grand-mère sans verser un torrent de larmes. A présent, ce sont des souvenirs qui me reviennent, souvenirs heureux, la plupart du temps.

 

Je me souviens de son odeur, de sa cuisine, de ses conseils, de son humour, de ses amies, de ses habitudes, etc.

 

Ma grand-mère était vraiment unique ! Pas du style à me concocter de petits plats pendant des heures. Ni à me suivre dans mon parcours scolaire. Et encore moins à me stopper dans mes élans idéalistes d’adolescente, parce qu’elle était encore elle-même empreinte d’idéalisme ! Mais, du style à m’apprendre à cuisiner, me laissant faire des bêtises que je ne commets plus, désormais. A m’emmener faire les boutiques, m’achetant un bijou qui me faisait de l’œil depuis belle lurette dans la vitrine du bijoutier. A m’emmener chez le coiffeur, alors que ma mère me le refusait catégoriquement : « à moi, ta mère n’osera rien dire ! » me disait-elle, avec un clin d’œil.

 

Je me rappelle encore des conseils qu’elle me livrait. Je pouvais lui parler de tout. Et, en particulier, des garçons. Parce que ma grand-mère, sur ce point, était beaucoup plus jeune d’esprit que ma mère. Et bien plus réaliste aussi !

 

Un jour, je lui avais parlé d’un garçon qui me plaisait bien et que je devais voir le mercredi suivant. Elle me prit la main, et me dit :

 

-         Tu sais, ma fille, au premier rendez-vous, il t’emmènera boire un verre. Il te proposera d’aller au cinéma la prochaine fois. Accepte. Laisse-le choisir le film. Mais apprends à le connaître, et pose-lui les questions essentielles à tes yeux, dès le premier rendez-vous. Comme ça, s’il ne te convient pas, tu seras vite fixée. Le choix du film ne sera pas anodin. Un dessin animé, c’est qu’il n’a pas vraiment envie de voir le film. Un film d’action par contre, ben, c’est plus délicat… Quoiqu’il y a toujours des scènes un peu chaudes… Donc, à voir. Et puis, pendant la séance, il posera la main sur ton genou ou autour de tes épaules. Si tu l’aimes bien, laisse-le faire. Mais ne prends pas trop d’initiatives. Attends de voir venir. Mais ne sois pas trop froide non plus, hein. Un juste milieu. Puis, bon, il essaiera de t’embrasser… Un conseil : ici, aussi, laisse-toi faire. Et voilà ! C’est dans la poche !

 

Et il s’est trouvé que le garçon en question a bel et bien suivi ce cheminement-là. Du moins, il a essayé. Mais, il ne me plaisait plus vraiment, une fois que j’ai appris à le connaître un minimum. Et donc, on n’est pas allés au cinéma. Et l’histoire s’est arrêtée là. Mais je me souviens à quel point j’étais étonnée quand il m’a appelée pour boire un verre. Et encore plus quand il m’a proposé d’aller au ciné la fois suivante !

 

Ma grand-mère avait l’art de cerner les gens. Et d’obtenir immanquablement ce qu’elle désirait. C’était une grande femme. Un peu manipulatrice parfois, mais avec un cœur plein de générosité. Elle était encore belle. J’allais dire malgré ses rides. Mais, en fait, ses rides lui donnaient une sagesse qui la rendait encore plus belle. Elle était intelligente aussi. Et vive d’esprit. Plus qu’une grand-mère, elle était surtout une confidente, une alliée et une amie sur qui j’ai pu compter à chaque étape de mon existence.

 

C’est peut-être bête, me direz-vous, mais je prends, aujourd’hui encore, exemple sur elle. Quand j’ai un choix à faire, je me demande lequel elle aurait fait. Et je me remémore ses conseils si justes et pleins de sagesse.

 

J’aimerais un jour que quelqu’un ressente pour moi le tiers du quart de l’admiration que je ressentais pour elle ! C’est que j’aurais vraiment réussi à faire quelque chose de ma vie…

23:54 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/11/2006

Papa

Deux êtres qui se ressemblent et pourtant si différents. Deux êtres qui s’aiment mais se blessent. Deux êtres si proches et vivant, malgré tout, à des années lumières l’un de l’autre.

 

Deux cultures, deux passés, deux envies, deux espoirs, deux idéaux, un seul amour.

 

Et puis, un jour, l’un s’en va, laissant l’autre seul et désemparé. Plein de regrets pour ce qui a été dit. Ce qui ne l’a pas été. Pour tous ces actes manqués, ces incompréhensions.

 

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé disait Lamartine.

 

C’est faux !

 

Quand un être vous manque, de ce manque auquel rien ne peut remédier, alors, seulement, vous comprenez sa valeur.

 

Que toutes nos disputes me paraissent futiles, à présent.

 

Papa, tu me manques…

14:01 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/11/2006

Luc et Marion

Luc ouvre un œil. Une odeur de café frais et de pain chaud lui monte aux narines depuis quelques minutes déjà. Marion commence à travailler avant lui et prépare donc le petit déjeuner.

 

Le satin des draps lui caresse le corps.

 

Un moment parfait !

 

Luc reste étendu sur son lit quelques instants, profitant du calme de la maison, de la chaleur du lit et de la douceur des draps.

 

Marion est toute guillerette, ce matin. Luc est surpris de la voir débouler dans la chambre, nue sous son peignoir, avec un plateau contenant un petit déjeuner pour deux.

 

-         J’ai appelé nos bureaux respectifs et nous ai fait portés pâles, dit-elle sur un clin d’œil.

 

Luc sourit. Décidément, ce matin est parfait.

 

Marion attrape une petite table pliante qui convient à merveille aux petits déjeuners au lit et se glisse sous les draps encore chauds, à côté de Luc, après avoir déposé le plateau. Des mains se perdent sous les draps, des caresses sont volées furtivement, des baisers entrecoupent les bouchées de pain frais et encore tiède. Puis, le déjeuner est tout à fait abandonné, les amoureux ne pensant plus qu’à l’autre et se consacrant tout entiers au plaisir de son partenaire.

 

Allongés côte à côte, Marion et Luc sourient dans la nuit.

 

Leur couple, hier encore se fissurait. Aujourd’hui, il se ressoude. Après avoir fait l’amour, ils se sont promenés dans le parc qui se situe à quelques pâtés de maisons seulement de leur logement. Durant cette longue promenade, ils ont d’abord consacré du temps à profiter de la nature qui les entourait. Ce paysage d’automne est tellement beau. Ces couleurs chaudes, dans ce temps si froid, donne envie de s’y perdre. Les oiseaux chantent, d’un chant plus silencieux qu’au cœur de l’été. Plus calme. Main dans la main, ils se sont enfoncés dans les buissons qui annoncent le début du bois.

 

Arrivés à une clairière, ils se sont assis, l’un contre l’autre. Luc avait aimé ce moment de paix, de silence, de solitude partagée. Marion avait des tas de choses à dire. Mais, pour une fois, elle avait laissé à Luc le temps de profiter…

 

Alors, ils ont parlé. De leurs soucis, de leurs rancunes, de leurs desideratas, de leur parents, de leur boulot, de leur maison. Marion s’était libérée d’un poids. Luc comprenait un peu mieux sa moitié. Ils ont fait des projets, des promesses, ils ont échangés quelques baisers, bien à l’abri des regards indiscrets, au milieu de leur clairière si peu connue du public.

 

Puis, main dans la main, ils sont rentrés chez eux. En silence, méditant sur leurs paroles.

 

Allongés côte à côte, Marion et Luc sourient dans la nuit.

23:45 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |