25/01/2007

Clara (5)

Clara arriva enfin à destination. Son cœur battait la chamade. Elle sentit que sa tête commençait à lui tourner. Elle hâta le pas. Elle pouvait voir la devanture du magasin où travaillait son père. Elle devinait même son ombre dans l’entrée.

 

Elle crut que son cœur allait cesser de battre quand elle le vit, là, devant elle.

 

Elle n’arrivait pas à contenir l’émotion qui la submergeait. Elle sentit le regard interrogateur de son père sur elle. Il était visiblement inquiet. Clara s’avança vers lui, et le serra dans ses bras, ne pouvant réprimer les larmes qui coulaient le long de son visage sans discontinuer.

 

Clara avait toujours été distante avec son père. En tout cas depuis qu’ils s’étaient retrouvés, quelques années après la séparation parentale que Clara avait eu du mal à digérer. Aussi, fut-il tout d’abord surpris de cet élan de tendresse. Il ne referma ses bras sur elle que quelques secondes après qu’elle l’ait serré. Il sentait qu’il ne devait rien dire, la laisser. Mais, il était curieux et impatient de connaître la mauvaise nouvelle qui mettait sa fille dans un tel état. En même temps, il voulait que ce moment dure une éternité. Sa petite fille le serrait enfin dans ses bras. Cela ne faisait qu’un an qu’elle avait emménagé chez lui. Elle n’avait encore jamais prononcé le mot « papa » en le désignant. Elle avait toujours été distante avec lui, en restant malgré tout polie, avec, néanmoins, un soupçon de froideur qui s’accentuait quand elle s’énervait.

 

Enfin, elle se calma. Il lui prit les épaules et lui demanda doucement ce qu’il se passait. Clara ne savait pas trop quoi lui répondre. Comment lui dire qu’il allait mourir, qu’elle avait vu l’avenir, et qu’elle était simplement heureuse de le revoir en vie ?

 

Il ne la croirait jamais. Elle décida donc de transformer légèrement la réalité.

 

-         Je me suis endormie à l’unif, tout à l’heure, balbutia-t-elle. J’ai fait un rêve affreux. Tu mourais à l’hôpital, et j’étais triste, tu ne peux pas imaginer. Quand je me suis réveillée, j’ai été soulagée de constater que ce n’était qu’un rêve. Mais, j’avais envie de te voir, pour être sûre. Je ne supporterais pas de te perdre, papa. Je t’aime.

 

C’était la première fois que Clara le lui disait. Il en fut ému, mais le cacha. Un père digne de ce nom ne montre jamais ses émotions à ses enfants, lui avait-on appris. Clara l’avait découvert à sa mort. Elle qui pensait que son père ne l’aimait que comme objet de défiance envers sa mère, elle avait découvert qu’il envoyait régulièrement des photos d’elle à sa famille en Tunisie. Famille qui connaissait d’ailleurs sa vie, dans les moindres détails. Il exagérait ses qualités, la faisant passer pour la première de promotion, elle qui n’avait achevé sa première BA qu’avec un simple 12/20. C’est à la mort de son père qu’elle avait réellement appris à quel point il l’aimait.

 

Elle avait toujours voulu garder ses distances pour ne pas trop s’attacher, et ne pas trop attendre de cet homme qui l’avait déjà abandonnée une fois, quand elle était petite et qui, pensait-elle, ne l’aimait pas vraiment. Elle avait compris son erreur… Trop tard, avait-elle cru. Mais le destin en avait décidé autrement. Elle pouvait se rattraper à présent.

00:18 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/01/2007

Clara (3)

Clara avait un milliard de choses qui tournaient en même temps dans sa tête. Elle n’arrivait pas à déterminer quel sentiment était le plus fort. La peur se mélangeait à l’excitation, l’incompréhension, la joie. Mais quoi qu’elle puisse penser, cela ne résolvait pas le problème principal : comment cela était-il possible ? Et comment cela était-il arrivé ? Et pourquoi ?

 

Pourquoi, c’était l’éternelle question de Clara. En y pensant, elle sourit. Après quelques minutes de réflexion, elle décida que c’était la peur qui prédominait sur tout autre sentiment. La peur de l’inconnu. Toute cette histoire était trop rapide, trop incompréhensible, trop insensée.

 

Elle avait hâte de rentrer chez elle, de voir sa famille. Mais, elle était aussi morte de trouille à l’idée de revoir son père. Elle imaginait se retrouver face à un fantôme, aux dents pourries, aux mains vertes, et aux vêtements parsemés de terre. Un spectre revenant à la vie par je ne sais quel miracle.

 

Elle pensa à Martin. Il avait dû la prendre pour une malade. Il était intelligent, Clara le savait. Il était perspicace aussi. S’il avait su l’apprécier dans « la vie d’avant », il l’apprécierait forcément dans cette vie-ci. C’était en tout cas ce qu’espérait Clara.

 

Le bus arrivait à destination. Clara descendit et emprunta le chemin qu’elle avait parcouru des centaines de fois pour rentrer chez elle. En tournant au coin de la station essence, elle s’arrêta net, surprise de revoir le bout de forêt qui avait été rasé six mois avant son retour en arrière. Elle ne s’y attendait pas. C’était pourtant ridicule.

 

Elle continua son chemin. Pleine d’angoisse. Arrivée devant la porte, elle chercha ses clefs, fébrile. La porte s’ouvrit et Imane apparut dans l’embrasure.

 

-         Tu es déjà rentrée ?

-         Oui, mais, je ne peux pas rester longtemps. Où est mon père ?

-         Au travail, Clara, comme d’habitude !

 

Clara se maudit d’avoir oublié qu’en semaine, son père était au boulot, et non à la maison. Comment avait-elle pu oublier un détail pareil ?

 

-         Je dois chercher quelque chose dans ma chambre, Imane. Puis, je retourne aux cours. Vous avez besoin de quelque chose ?

-         Non, merci. Tout va bien ? Tu as l’air tracassée.

-         Oui, oui, ça va, merci.

 

Clara fila dans sa chambre, prit le premier classeur qui lui vint à la main, et descendit en trombe les escaliers.

 

-         Il me manquait ce cours. Je dois retourner, j’ai un test, mentit-elle en sortant.

-         Tu rentres à quelle heure ce soir ?

-         Je ne sais pas encore, Imane. Je vais peut-être manger avec des amis. Enfin, si vous êtes d’accord.

-         Moi, je ne dis rien. C’est avec ton père que tu dois voir ça, tu le sais bien.

-         Oui. Mais, je vous téléphone pour vous tenir au courant. A ce soir.

-         Ton sac, Clara !

-         Merci

 

Clara refit le chemin qu’elle avait parcouru quelques minutes plus tôt en sens inverse. Mais, elle s’arrêta au tram, cette fois-ci. Elle avait un besoin irrésistible de voir son père. Elle composa à nouveau son numéro.

 

-         Oui ?

-         Bonjour, c’est Clara.

-         C’est toi qui as essayé de m’appeler tout à l’heure ?

-         Oui, mais, il y avait des problèmes de réseau. Je peux passer à ton travail ?

-         La porte est toujours ouverte. Qu’est-ce que tu veux ?

-         Rien, juste te voir. J’ai une heure avant de devoir rentrer à l’université.

-         Je t’attends. Tu as déjà mangé ou je te prends quelque chose ?

-         Je n’ai pas faim, merci. J’arrive.

 

Clara avait les jambes qui tremblaient, et des sanglots dans la gorge, que son père n’avait pas manqué de remarquer. La preuve en était qu’il lui avait proposé de manger. C’était tout lui de ne prendre soin des autres que quand ils allaient mal. Cela fit sourire Clara. Le tram arriva enfin, et elle grimpa dedans. Plus que trente minutes et elle pourrait le serrer contre son cœur. Une larme glissa le long de sa joue.

18:47 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Clara (4)

Nicolas était plongé dans ses réflexions. Jeune avocat stagiaire depuis moins d’un mois, il avait besoin de prendre ses marques. Pas facile de changer de mode de vie en si peu de temps. Hier encore, il était étudiant, aujourd’hui, le voilà dans le monde du travail. Et il n’avait que peu de temps à lui pour réfléchir à son équilibre, à son bien-être ou à lui-même tout simplement. Il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée. Les trajets en transports en commun étaient donc idéaux pour réfléchir ! Pour ça ou pour lire un livre, selon son humeur.

 

Il avait son permis de conduire. Il aurait donc pu prendre sa voiture (elle était stationnée devant sa maison). Mais, il préférait les transports en commun. Pour le contact que cela lui procurait avec les gens. Et puis, cela faisait partie de son boulot. Son autre boulot.  Celui dont il ne parlait que peu. Cela faisait maintenant six ans qu’il l’exerçait. Il en avait fait du chemin depuis. Souvent, il se demandait pourquoi il avait été choisi, lui. Mais, il n’aurait sans doute jamais de réponse à cette question.

 

Une soudaine tension s’abattit sur lui. Il avait peur. Il se sentait fébrile, nerveux. Et infiniment triste. Ou plus exactement, quelqu’un de son entourage immédiat était dans cet état d’esprit. Il leva les yeux, tentant de deviner qui. Ce n’était pas toujours évident de repérer la bonne personne parmi la foule. Les gens sont rarement souriants quand ils sont seuls dans le tram. Mais, à cette heure-là de la journée, le monde se faisait rare. Il la repéra facilement, assise dans son coin.

 

C’était une jeune fille brune, aux cheveux mi-longs. Des lunettes presque transparentes. Un regard brun, assombri de crayon noir et d’une pointe de mascara. Elle portait un pantalon beige et une veste côtelée d’une couleur sombre incertaine qui tendait vers le vert kaki, le gris et le brun en même temps. Un sac à bandoulière chamarré était déposé sur ses genoux qu’elle tenait serrés l’un contre l’autre. Une farde reposait sur le siège à ses côtés. Sur la tranche, Nicolas lu « cours de 1ère BA – Droit ».

 

Il sourit, malgré lui. Une étudiante en droit. Mais, une bisseuse, visiblement. Sa farde était déjà remplie alors que l’année venait à peine de débuter.

 

Une nouvelle mission venait de commencer.

18:46 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

22/01/2007

Kiss me

Petit coup de coeur...

 

Kiss me out of the bearded barley.
Nightly, beside the green, green grass.
Swing, swing, swing the spinning step.
You wear those shoes and I will wear that dress.


Oh, kiss me beneath the milky twiling.
Lead me out on the moonlit floor.
Lift your open hand.
Strike up the band and make the fireflies dance,
Silver moon's sparkling.
So kiss me.


Kiss me down by the broken tree house.
Swing me upon its hanging tire.
Bring, bring, bring your flowered hat.
We'll take the trail marked on your father's map.


Oh, kiss me beneath the milky twiling.
Lead me out on the moonlit floor.
Lift your open hand.
Strike up the band and make the fireflies dance,
Silver moon's sparkling.
So kiss me.

 

Oh, kiss me beneath the milky twiling.
Lead me out on the moonlit floor.
Lift your open hand.
Strike up the band and make the fireflies dance,
Silver moon's sparkling.
So kiss me.

11:54 Écrit par Tayiam dans Chansons | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/01/2007

Penser à lui...

Penser à lui. Le voir. Le sentir. Le toucher. L’entendre.

 

Tout ça pour quoi, au final ?

 

Rien.

 

Il est parti, sans doute. Oh, pas longtemps. Juste le temps des vacances.

 

Que lui dire qu’il ne sache déjà ?

 

Mais les mots du cœur ne sont pas ceux de la raison. Il y a savoir et savoir. Il y a savoir raisonnablement et ressentir au fond de soi.

 

Il n’est pas sûr de lui. La belle affaire ! Que croit-il, sincèrement ? Que pour moi les choses sont limpides ?

 

Il ne veut pas s’engager, mais j’ai l’impression qu’on ne parle pas le même langage.

 

Peut-être me trompes-je ?

 

Ou pas…

 

Ou si peu…

 

Je n’ai que peu de certitude à son égard, si ce n’est que j’ai envie de le voir.

De le sentir.

De le toucher.

De l’entendre.

 

Juste des bras qui me protègent, et un cœur qui me réchauffe. Si peu, en somme.

 

Trop pour lui…

23:53 Écrit par Tayiam dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Philo?

Ce que vous faites de bien et de mal,

vous le faites à vous-même.

 

Mahomet

19:57 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/01/2007

Clara (2)

Martin se demanda ce que lui voulait cette dénommée Clara. Elle lui donnait l’impression de le connaître, alors qu’il ne l’avait jamais réellement vue auparavant. Il l’avait sans doute croisée dans les couloirs de la faculté, certes. Mais ils ne s’étaient jamais parlés. Mais, surtout, elle avait l’air d’être complètement à côté de la plaque depuis qu’elle s’était assoupie en réunion. Elle avait pleuré, il le voyait, malgré le fait qu’elle ait tenté de le dissimuler sous l’eau froide.

 

-         Je dois te paraître complètement folle, sourit-elle. Je suis désolée j’ai fait un mauvais rêve, là au Bureau.

-         Ce n’est pas grave.

 

Clara marchait sur des œufs, elle le savait. Elle voulait obtenir la confiance de Martin avant de lui avouer son secret. Et en même temps, elle brûlait de rentrer chez elle serrer son père dans ses bras. Surtout, elle se demandait ce qui avait fait qu’une telle complicité naisse entre eux. Et elle n’en avait pas la moindre idée. Elle essaya donc juste d’être elle-même, mais, elle avait l’impression que la moindre de ses paroles sonnait fausse.

 

-         Tu as dû te demander comment je connaissais ton prénom. C’est Zoé qui me l’a dit. Quand on te cherchait. Elle nous a dit que vous étiez dans la même école en secondaire.

-         Mmh. Je m’en doutais.

-         Le monde est petit quand même. Tu sais que j’étais juste à l’école en bas de la vôtre ? C’est dingue qu’on ne se soit rencontrés qu’à l’unif.

-         On croise de nombreuses personnes dans sa vie. On n'en rencontre que peu.

-         C’est vrai ! admit-elle. Bon, je dois filer, j’ai un rendez-vous. Mais, je voulais juste m’excuser de mon comportement bizarre de tout à l’heure.

-         Il n’y a pas de problèmes. A l’assemblée générale, alors ?

-         A l’assemblée générale ! Salut.

 

Clara disparut rapidement au coin du couloir.

 

-         Une bien étrange fille, songea Martin.

22:10 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

08/01/2007

Sagesse

La sagesse c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit.

 

Oscar Wilde.

01:03 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Clara (1)

Clara ouvrit les yeux. Son cœur se mit à battre précipitamment.

 

Elle était au bureau étudiant. En pleine réunion. Les gens parlaient avec animation de la prochaine activité qui allait s’organiser : un Bal. Alexis présidait la réunion.

 

Clara avait l’impression de rêver. Alexis n’était plus président du BE depuis plus d’un an. Emma et Romain étaient à des années lumières l’un de l’autre, alors qu’ils étaient en couple depuis un tout petit peu plus d’un an. Martin, lui, donnait l’impression de débarquer. Ca faisait pourtant un an et demi qu’il était membre de l’association. Et il connaissait tout le monde. Pourtant, il restait dans son coin, le regard baissé, triturant les manches de son pull trop grand, comme s’il était mal à l’aise. Comme le premier jour où il était arrivé au BE, se dit soudain Clara.

 

-         Martin ?

-         Oui ? répondit-il, visiblement étonné.

-         Euh, on est quelle date ?

-         Le 28 septembre. Pourquoi ?

 

Clara resta silencieuse quelques minutes, puis, se tournant à nouveau vers lui et le regardant droit dans les yeux, lui demanda :

 

-         De quelle année, Martin ?

-         2006, répondit-il avec un demi-sourire et un seul sourcil levé, comme il savait si bien le faire. Mais, pourquoi ces questions ? Au fait, je ne sais même pas comment tu t’appelles.

 

Clara sentit sa tête tourner. Cela devait être un rêve ! Un an et demi venait de partir en fumée. Elle revenait un an et demi en arrière. Ce n’était pas possible. Elle devait forcément rêver. Elle se leva brusquement et quitta la réunion sans mot dire, devant le regard de plus en plus étonné de Martin qui se demandait où il avait atterri.

 

Le Bureau étudiant l’avait contacté pour qu’il s’occupe de leur site internet. Et il était sur le point d’accepter. Pourquoi pas, se disait-il. Il ne comptait de toutes façons pas vraiment s’impliquer outre mesure dans cette association.

 

Devant le Bureau, Clara composa fébrilement le numéro de téléphone de son père. C’était le seul moyen de vérifier qu’on ne lui faisait pas une mauvaise blague, même si elle avait l’impression de s’être endormie dans son lit et non au BE. La sonnerie retentit deux fois avant que la voix de son père ne réponde : « Oui ? Allô ? Que se passe-t-il, Clara? Allô ? »

 

Clara avait la voix coupée. Son père était mort huit mois auparavant. Enfin, visiblement, n’était pas mort. Des larmes se mirent à couler sur son visage.

 

Elle fila aux toilettes pour s’asperger le visage d’eau froide. Une fois qu’elle eût repris une certaine contenance, elle retourna au BE. Alexis présentait Martin aux membres. Clara avait les idées qui s’embrouillaient. Son cerveau tournait à cent à l’heure. Elle habitait donc à nouveau chez son père. Et elle devrait représenter les examens de 2ème. Mais, son père était encore en vie, et elle pourrait peut-être le sauver. Ce devait d’ailleurs être la raison d’un tel retour dans le passé. Elle en était certaine. Elle fut interrompue dans ses réflexions par Alexis.

 

-         N’est-ce pas, Clara ?

-         Oh ! Pardon, je n’écoutais pas, Alexis, je suis désolée, tu disais ?

-         C’est toi qui nous as proposé de prendre contact avec Martin, non ? Pourquoi ?

-         Ah, oui. Ben, euh, parce que Martin est fort présent sur le site. Il a l’air de s’y connaître. Alors, pourquoi pas ? Personne, ici, de toutes façons, ne peut s’en occuper.

-         Effectivement. Alors, qu’en penses-tu, Martin ?

-         Pourquoi pas, répondit-il en regardant Clara, mais, je ne m’y connais pas tant que ça, en fait. Que faudrait-il que je fasse ?

-         Ben, juste modérer le site. Vérifier qu’il n’y ait pas de débordements sur le forum, et ajouter les annonces et autres que nous te confierons.

-         Je ne sais pas trop si j’en suis capable.

-         Mais, si, Martin, lui assura Clara, tu en es capable. Je le sens. Et j’ai des pouvoirs de prémonition, tu peux me croire ! ajouta-t-elle, avec un clin d’œil.

 

Martin accepta la proposition, et Alexis expliqua qu’il faudrait attendre la prochaine Assemblée générale du BE pour pouvoir le coopter dans l’association.

 

La réunion finie, Clara pris Martin à part. C’était la personne en qui elle avait le plus confiance avant son réveil au BE. Et même s’il ne la connaissait pas encore, elle savait qu’elle pourrait, sans doute aucun, compter sur lui.

00:40 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/01/2007

Un baiser

Un baiser est un tour délicieux conçu par la nature pour couper la parole quand les mots deviennent superflus.

 

Ingrid Bergman

00:15 Écrit par Tayiam dans Citation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02/01/2007

Futur parfait...

Un rayon de soleil perce à travers mes rideaux. Une belle journée en perspective.

 

Câlin, mon chat, me chatouille le nez avec sa longue queue touffue. Il a faim et n’a aucunement l’intention de me laisser dormir. Résignée, je m’assieds dans mon lit, et le prends sur mes genoux. Il se laisse caresser quelques minutes, puis, se remet à jouer avec mon visage. Décidément, il est affamé.

 

Je me lève, chausse mes pantoufles, enfile mon peignoir et me dirige vers la cuisine.

 

J’allume la radio et écoute les informations du matin. Je nourris mon félin et prépare le déjeuner de ma petite famille, réduite aujourd’hui à ma fille et moi. Des toasts, du beurre, de la confiture, du chocolat, un bol de chocolat chaud, un verre de jus d’orange, voilà de quoi bien commencer ma journée.

 

Je réveille Marion et nous déjeunons ensemble, dans un concert de rires. Câlin s’enfuit à toutes pattes en nous entendant. Une demie heure après, nous nous dirigeons chacune vers notre salle de bain. Une bonne douche, et la journée commencera vraiment.

 

J’aime ces matinées qui ne sont en fait que des instants-détente, où nous profitons de la présence de l’autre sans les soucis de la journée écoulée, mais, au contraire, la tête pleine des rêves de la nuit.

 

Aujourd’hui, c’est une journée de travail, comme tant d’autres. Commencée dans la bonne humeur, comme tant d’autres aussi.

 

Je dépose ma fille à l’école, et arrive au bureau. Je suis l’une des premières à arriver. L’une des premières à partir aussi, du coup. Le bureau est plongé dans l’obscurité. Tout est silencieux. C’est un vrai plaisir de travailler dans le calme, sans personne pour vous surveiller. Je profite de ce moment pour me plonger dans les dossiers épineux qui me demandent toute ma concentration. Puis, quand le bureau commence à se remplir, j’épluche mon courrier, et passe les coups de fil nécessaires.

 

La journée file à toute allure. Cette semaine, j’ai pris congé de toutes mes autres obligations. Nicolas est en colloque à l’étranger. Je ne veux pas laisser Marion toute seule à la maison trop longtemps. Mes sœurs se relaient à tour de rôle pour veiller sur elle. Elles sont tantes et fières de l’être. Quant à mes frères, ils sont en pleine crise d’adolescence ! L’âge ingrat, comme on dit.

 

Depuis toute jeune, j’ai toujours aimé entretenir plusieurs activités dans ma vie. Mêler mon métier à des activités de bénévolat est, pour moi, un pur plaisir. Pendant ma vie d’étudiante, c’était simple. Mais, j’ai voulu continuer dans la vie active. Un pari insensé, diront certains, mais que j’ai tenu, grâce à Nicolas surtout.

 

Douze ans de vie commune, dont dix que nous avons partagés avec Marion. Et encore de nombreuses années devant nous, je l’espère. A partager à quatre bientôt, sans doute, vu mon retard de règles de près d’un mois…

 

Voici la vie que je rêve d’avoir… la vie telle que j’aimerais pouvoir la raconter, dans quinze ans… Un pari insensé ? Peut-être pas tant que ça !

12:27 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/01/2007

Une amitié perdue

Ton regard pèse sur moi, comme si mille tonnes avaient été déposées sur mes épaules. Ta présence m’oppresse, m’empêchant de respirer. Ta voix égratigne mes oreilles. Ton odeur me donne la nausée.

 

Ta vue, surtout, fait perler de grosses larmes au creux de mes paupières.

 

On dit toujours que c’est quand on a un souci qu’on reconnaît ses vrais amis. Je te croyais une de mes plus solides amies. En ce jour de deuil, tu as été ma plus puissante souffrance ! Comment l’oublier ? Comment lire avec joie les messages que tu m’envoies ? Comment te souhaiter une bonne année avec sincérité ?

 

Je ne trouve pas de solution à cette montagne de questions. Si ce n’est laisser couler encore un peu d’eau sous les ponts.

 

Le temps est le remède à bien des souffrances. A celle-là sans doute aussi. Laissons-lui le temps de suturer les plaies et ne la poussons pas à aller trop vite. Elle risquerait de louper un point et la plaie n’en serait que plus purulente.

 

Pardonne-moi d’avoir du mal à passer l’éponge. D’avoir besoin de temps pour oublier. D’avoir encore envie de te bourrer de coups. De ressentir encore à ton égard un sentiment profond de haine. Ou plutôt de tristesse. De douleur.

 

Un jour, peut-être, y arriverais-je. Mais, contrairement à ce que tu espères, rien ne sera plus jamais comme avant…

15:58 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |