10/02/2007

Clara (7)

 

-         Bonjour Monsieur. Vous travaillez ici ?

-         Oui. Puis-je vous aider ?

 

Mehdi s’éloigna de sa fille. Du travail l’attendait. Une femme d’une quarantaine d’années scrutait les télévisions qui l’entouraient.

 

-         J’aimerais acheter une télévision. Que pouvez-vous me conseiller ?

-         Cela dépend quel appareil vous avez en vue et l’endroit où vous voulez le placer.

-         L’endroit ?

-         Oui. De combien de place disposez-vous ?

-         J’ai un appartement. Avec un salon. À peu près …

 

Nicolas s’approcha de Clara.

 

-         Salut. Excusez-moi de vous déranger. Vous pourriez m’indiquer comment je retombe sur le campus de l’ULB ? C’est près du cimetière d’Ixelles. J’avoue que je suis un peu perdu. Je ne vois pas du tout où je suis, là.

-         Oui, bien sûr. Ben, le plus simple, c’est de prendre le 46, ici, direction gare du nord. Et vous descendez à De Brouckère. Ensuite, vous prenez la ligne 71.

-         Ah, ok. De là, je vois. On est où ici, en fait ?

-         A Bruxelles ! répondit-elle avec un sourire. Non, enfin, vous êtes à 5 minutes à pied de la Bourse. A la périphérie des communes de Bruxelles et d’Anderlecht.

-         D’accord. On ne dirait pas comme ça, mais je vis à Bruxelles depuis toujours, pourtant !

 

Ils sourirent tous deux.

 

-         Vous êtes étudiant ?

-         Non, diplômé, déjà. En droit.

-         Tiens, moi aussi, s’étonna-t-elle. Enfin, je ne suis pas diplômée encore, mais étudiante. Je suis en 3ème. Enfin, en 2ème, se corrigea-t-elle.

-         À l’ULB ?

-         Oui. Vous êtes avocat ?

-         Oui.

-         Depuis longtemps ?

-         Non, j’ai commencé ce mois-ci.

-         Et ça fait quoi ? D’être de l’autre côté de la barrière ?

-         Clara. Tu veux manger ? interrompit son père.

-         Non, papa. Merci. Je dois retourner à l’unif. Tu peux faire ta sauce spaghetti, ce soir ?

-         D’accord. A tout à l’heure, benti.

-         A tout ! Je vais faire un bout de chemin avec vous, je pense, ajouta-t-elle à l’adresse de Nicolas en se retournant vers lui. Mais, si vous voulez, je peux prendre le bus suivant ! plaisanta-t-elle.

-         Non, non. Ça ira très bien comme ça. On pourrait se tutoyer, entre juristes, non ? Je m’appelle Nicolas.

-         Je suis Clara. Va pour le « tu » ! Tu travailles dans quel cabinet ?

-         Un petit cabinet pas très connu. Pas très loin de l’unif. C’est pratique pour les recherches en bibliothèque. Et le palais n’est pas très loin non plus, finalement. Vingt à vingt-cinq minutes en tram.

-         C’est vrai. Tu as déjà plaidé ? Ah, non, juste, il faut être au barreau depuis trente jours, non ?

-         Oui, en effet. Là, je découvre mes dossiers. Et je commence quelques recherches. Mais, mon maître de stage est sympa. Pour le moment, il n’est pas trop derrière moi. Il me laisse un peu le temps de prendre mes marques. C’est un ami de mon père aussi. Ca aide, sans doute.

-         Sans doute en effet. Et tu as pris quelle finalité l’an dernier ?

-         Finalité ?

-         Public ou privé ?

-         Ah, public. Mais, on appelle pas ça une finalité !

-         Oui, c’est vrai. Tu es encore dans l’ancien système. Moi, je suis déjà dans le système de « Bologne ». Et on appelle ça finalité.

-         Ah, ok. Et tu as choisi quoi, toi ?

-         Oh, je ne pourrai choisir que l’an prochain. Enfin, dans deux ans, plutôt.

-         Et tu penses te diriger vers … ? lui demanda Nicolas tout en notant mentalement son deuxième lapsus. Elle n’aurait donc remonté qu’un an. C’était peu.

-         Le droit public.

-         Tu sais déjà dans quel type de cabinet tu voudrais bosser ?

-         Ben, là, j’ai un job étudiant dans un cabinet. J’aimerais beaucoup être engagée là-bas, à la fin de mes études. On verra bien. Tu le connais peut-être. C’est tout près de l’unif aussi. Solbert et Mayeur.

-         Je connais de nom, évidemment. C’est plutôt pas mal de travailler là. Tu as trouvé ce job comment ?

-         Oh, ben, bêtement, en fait. Mon prof cherchait une réceptionniste. Et ça m’est tombé dessus. Un coup de pouce du destin sans doute.

-         Sans doute…

 

01:36 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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