26/02/2007

Découverte

Il ouvre les yeux.

Que de lumières !

Et que de formes !

Il se met à pleurer de toutes ses forces.

D’abord parce qu’il sent qu’il va étouffer s’il ne le fait pas.

Puis, aussi, parce qu’il a peur.

 

De grandes formes le soulèvent.

Il hurle de plus belle.

N’y a-t-il donc personne pour le protéger ?

Personne pour penser à lui ?

 

Il ne comprend pas bien ce qui lui arrive.

Il vient d’émerger dans un tout nouvel univers.

Il a perdu tous ses repères.

Il a froid, malgré le tissu éponge râpeux avec lequel on l’a entouré.

 

Il était bien, avant.

Pourquoi diable a-t-il eu soudain envie de bouger ?

Il s’en veut.

Il n’aurait pas dû.

Il n’aurait pas dû bouger.

Il n’aurait pas dû se tortiller.

Et encore moins grandir.

 

Ou bien était-ce son chez-lui qui rapetissait. ?

Il sait tellement peu de choses.

Surtout maintenant qu’il faut tout redécouvrir.

 

Soudain de grandes formes le transportent à nouveau.

Et là, il se souvient.

Il se souvient de cette voix chaude et sensuelle.

Oh, la voix a l’air un peu fatiguée.

Mais il la reconnaît.

Il la reconnaîtrait entre milles.

Mais plus que tout c’est son odeur !

 

Alors, il se calme, et se blottit contre cette forme dont il reconnaît la voix et l’odeur.

Il se niche au creux de son flanc, et tête goulûment le sein qui s’offre à lui.

 

Bébé vient de faire son entrée dans la vie.

Il a tout un monde à découvrir.

Mais, pour l’heure, il prend le temps de se reposer dans les bras de sa maman.

15:50 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21/02/2007

Clara (11)

Le local était enfin rangé. Ils s’y étaient mis à plusieurs, et cela n’avait pas pris plus d’une heure. Clara n’avait pas grand-chose à faire que d’attendre que le temps passe. Elle décida donc d’aller en bibliothèque consulter internet. Elle voulait voir ce qu’elle pouvait dénicher sur le « remontage » de temps même si elle doutait de trouver quoi que ce soit. Et puis, elle espérait que Nicolas soit encore là.

 

Elle prit ses affaires et monta en bibliothèque. Elle fit le tour de la salle mais ne vit pas Nicolas. Un peu déçue, elle se dirigea vers les ordinateurs et commença ses recherches.

 

Elle ne trouva pas grand-chose d’intéressant. Elle ne devait sans doute pas utiliser les bons mots-clés. Découragée, elle posa sa tête sur ses mains et réfléchit. Cela faisait à peine cinq heures que le cauchemar avait commencé. Oh, bien sûr, rien de dramatique n’avait encore eu lieu. Mais elle se sentait prisonnière du temps. Comme si quelque chose pouvait la bloquer indéfiniment sur cette journée. Peut-être qu’à son réveil, demain, elle serait à nouveau au Bureau, en pleine réunion, le 28 septembre.

 

Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui avait pu se produire. Comment était-elle arrivée là ? Comment avait-elle pu faire un tel bond dans le passé ? Pourquoi ? Et qui ? Car, il devait bien y avoir quelqu'un derrière tout ça. Enfin, « quelqu'un » ou « quelque chose »… Mais « quelqu'un » était plus rassurant.

 

Quel était le but de ce retour ? Clara avait besoin de rationaliser tout ce qui l’entourait et de trouver des explications à tout, quitte à inventer un nouveau raisonnement tout à fait incongru ! Mais ce qui s’était passé dans sa vie, ces cinq dernières heures, était au-delà de toute cohérence. Cela ne rentrait dans aucun système logique, dans aucun cadre normal tels que ceux que connaissait Clara.

 

Comment, dès lors, expliquer tout ceci ?

 

Clara se sentait au bord de la nausée. Elle fut prise de vertige à l’idée de ce manque d’explications comme si tout son monde « normal » s’écroulait d’un coup. Toutes ses références, tous ses acquis, toutes ses croyances…

 

Clara tenta de reprendre le contrôle d’elle-même. Et pour ça, une seule technique : la politique de l’autruche, comme elle disait. Faire comme si de rien était… Comme s’il ne se passait rien du tout. Comme si tout était normal. Et pour ça, oublier, un instant, toute cette histoire.

 

Au bout de quelques minutes, elle se sentit mieux. C’était dingue, ce don qu’elle avait de faire abstraction de la réalité !

 

Elle regarda sa montre et se rendit compte que la séance du Conseil facultaire avait déjà débuté. Elle rangea ses affaires, sortit de la salle est se dirigea vers le local du Conseil.

00:50 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/02/2007

La peur...

Elle hait la peur, ce sentiment si fugace et pourtant omniprésent qui la bloque dans tous les domaines de sa vie.

 

On pourrait ne pas croire. Croire qu’elle la dépasse, tout simplement.

 

Il n’en est rien. Elle la bloque. Elle lui interdit d’avancer vraiment.

 

Soit de façon littérale, la figeant sur place. Soit de manière détournée, en lui faisant faire ou dire des choses qui la dépassent. Pour se sentir protégée.

 

Elle aimerait dire les choses simplement. Ne pas être sur la défensive dès qu’elle se sent menacée. Elle aimerait être quelqu'un de souriant, sans stress, sans agressivité, sans mal être, pleine de joie et d’entrain.

 

Elle aimerait être à nouveau elle.

 

Mais, elle s’est perdue en même temps qu’elle l’a perdue…

 

Une partie d’elle s’est enfuie à toute jambe, comme sa voix, ce jeudi.

 

Elle sait que sa voix lui reviendra. Elle commence déjà à lui revenir.

 

Mais elle ?

 

Arrivera-t-elle à se retrouver ? Simplement comme elle était. Comme elle l’était à l’intérieur, sans oser le montrer…

23:58 Écrit par Tayiam dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Clara (10)

Clara salua Alexis, Martin, Romain, Emma et Zoé en rentrant au Bureau. Les autres s’en étaient allés vaquer à leurs occupations. Elle s’assit en bout de table et regarda son agenda.

 

-         Tu viens, hein, demain, Clara ? lui demanda Emma.

-         Demain ?

-         Oui, à la soirée Starac !

-         Ah, oui, juste, c’est demain. C’est chez qui, encore ?

-         Chez moi, intervint Zoé. Il faut venir à vingt heures. Tu amèneras quoi ?

-         C’est comme tu préfères.

-         Prends deux bouteilles de coca. Ça te va ?

-         C’est parfait ! Je les prendrai en rentrant ce soir. Alexis, il y a conseil facultaire ce soir ?

-         Oui. Mais, il n’y a rien d’important à l’ordre du jour, répondit-il.

-         Je viendrai quand même. On a cours aujourd’hui, Emma ?

-         Oui, ce matin, droit constitutionnel. Mais, tu y étais, ajouta-t-elle en lui tirant la langue. Dis, il faut arrêter la drogue, hein !

-         Oui, je devrais, plaisanta Clara. Mais cet après-midi, je veux dire, insista-t-elle.

-         Non, le cours de néerlandais a été annulé. Il ne commencera qu’en octobre, en fait.

-         Ok. Donc, là, on a rien à faire, en gros ?

-         Non !

-         Cool.

-         Ah, mais, Clara, si tu n’as rien à faire, intervint Alexis, tu peux m’aider à ranger le local !

-         J’aurais dû me taire, là, s’écria Clara !

 

Alexis lui jeta une bouteille vide qui traînait sur la table. Clara la ramassa et la lui relança. Elle atterrit aux pieds d’Alexis et tout deux éclatèrent de rire. Clara ne savait pas viser, c’était bien connu. S’ensuivit une bataille rangée entre Alexis et Romain d’un côté et Clara, Zoé et Emma de l’autre. Martin était sorti du local entre temps, et Amel ouvrit la porte précisément au moment où Alexis lançait une farde sur Zoé qui s’abaissa juste à temps. La farde frappa Amel de plein fouet. Elle mit quelques instants à comprendre ce qui se passait puis prit le parti des filles et s’engagea dans la bataille à son tour.  

 

Près d’une heure plus tard, ils se calmèrent enfin. Ils étaient tous essoufflés et assoiffés. Le local était encore plus en désordre que d’habitude.

23:43 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/02/2007

Clara (9)

Mehdi errait dans le magasin vide. Il était perplexe par rapport à sa fille. Il ne l’avait jamais sentie aussi proche de lui que cet après-midi, quand elle l’avait serré contre son cœur. Il ne croyait pas à cette histoire de rêve. Il connaissait sa fille sur le bout des doigts. Il sentait quand elle mentait. Elle avait cherché ses mots avant de lui parler. Il n’avait rien dit. Il ne disait jamais rien. Et Clara croyait toujours que ses mensonges passaient inaperçus.

 

Il n’avait jamais compris pourquoi sa fille ne lui disait pas toujours la vérité. Pourquoi elle ressentait toujours le besoin de trouver une bonne histoire. Il aurait préféré qu’elle lui dise : « je passe la soirée chez des amis, ce soir » plutôt que « j’ai une réunion super importante au BE ». Sa fille était un mystère. Les années passées éloignés l’un de l’autre n’avait rien arrangé.

 

De plus, Mehdi était intimement persuadé que sa mère avait monté la petite contre lui. Sa mère et son nouveau mari. Ce qu’il le détestait cet homme ! Et le peu que Clara lui avait dit sur lui n’avait rien fait pour améliorer son opinion à son sujet. Pourquoi son ex-femme n’avait pas pu choisir mieux que cet homme ? Elle l’avait quitté, lui, pour un type pareil ! Bien sûr, elle ne l’avait pas quitté pour lui, vraiment. Ils s’étaient rencontrés après leur rupture. Mais quand même. Mehdi se sentait vexé.

 

La mère de Clara, Jeanne, avait été quelqu’un qui avait compté dans sa vie, même si Mehdi refusait parfois de l’admettre. Ils étaient restés onze ans ensemble. Cela faisait un bout de chemin. Il avait été malade de chagrin lorsqu’elle avait rompu définitivement avec lui. Dieu qu’il avait eu envie de lui faire du mal à ce moment-là. Autant de mal qu’elle lui en faisait.

 

Cela le fit doucement sourire quand il y repensa. Jamais il ne l’admettrait en face de Clara. Jamais ! Sa mère la montait bien contre lui, alors pourquoi ne pourrait-il pas, lui, rejeter la faute sur elle. Mais, il avait été con sur ce coup-là. Il se l’admettait bien volontiers. Il était jeune et con, comme la chanson à la mode, là. Il avait bien changé depuis.

 

Mais, le problème n’était pas là. Sa fille l’inquiétait. Il irait la chercher en voiture à l’université. Peut-être avait-elle appris qu’elle avait une maladie grave ? Elle ne lui avait pas dit qu’elle avait rendez-vous chez le médecin, mais elle lui cachait tant de choses. Ou alors, elle avait fait une énorme bêtise ! Ah, oui, ça devait être ça ! Et elle avait peur des conséquences. Un vol ? Un crime ?

 

Mais, ça ne lui ressemblait tellement pas. Non, il devait y avoir quelque chose de grave. Une maladie, c’est ce qu’il y avait de plus probable. Mehdi avait envie de téléphoner à Jeanne. Ils ne s’étaient plus parlés depuis la fin du procès lors duquel ils s’étaient disputés la garde de Clara. Si elle était malade, la petite avait dû en parler à sa mère.

 

Il fit les cent pas dans le magasin encore une trentaine de minutes, puis, n’y tenant plus, composa le numéro de Jeanne.

00:05 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

11/02/2007

Clara (8)

Clara et Nicolas arrivèrent sur le campus près d’une heure plus tard. Le bus 71 avait du retard. Ils avaient discuté tout le long du chemin. De tout et de rien. Ils avaient ri de bon cœur. Tous deux étaient de nature assez sociable et le courant passa bien entre eux.

 

Clara était sous le charme. Il parlait bien. Il était mignon. Mais ce dernier critère n’était pas très objectif, Clara en était consciente. Ce n’était pas le premier gars qu’elle trouvait mignon, et ce ne serait sans doute pas le dernier. De toutes façons, il y avait peu de chances qu’ils se revoient un jour, se disait-elle avec regrets. Sauf peut-être au barreau, dans deux ans et demi ! Dans quatre ans, se corrigea-t-elle mentalement. C’était long quatre ans.

 

Elle avait toujours eu tendance à en dire trop, à trop parler. Alors, elle avait fait attention, cette fois-ci. En fait, c’est ce qu’elle essayait de faire depuis à peu près un an. Faire confiance trop vite à quelqu’un ça peut faire mal. Elle l’avait vu avec Alexis. Nicolas eut donc le plus grand mal à savoir des choses sur elle, si ce n’est des banalités. Elle s’arrangeait pour dévier de sujet, dès que ça devenait trop personnel.

 

Il était content que le contact soit aussi bien passé entre eux. Elle était marrante, souriante, bavarde, pleine d’entrain. Mais, Nicolas se fit la réflexion qu’elle devait être fatigante au bout d’un moment. Pourtant, le charme ne se rompit pas avant qu’ils ne soient amenés à se séparer.

 

-         Nous sommes arrivés. Nos chemins se séparent ici, Clara.

-         En effet. Nous nous recroiserons sûrement en bibliothèque, non ? lui répondit-elle avec un clin d’œil et un sourire.

-         Oui. J’espère, ajouta-t-il plus bas, en baissant les yeux.

 

Clara lui sourit, lui fit la bise et se dirigea vers le Bureau Etudiant.

 

-         Si jamais tu me cherches, je suis souvent ici, glissa-t-elle en se retournant.

 

Elle disparut rapidement dans le local. Nicolas tourna les talons et grimpa au deuxième étage, où se situait la bibliothèque. Il fallait qu’il maintienne son alibi. Il était là pour faire des recherches en bibliothèque, après tout.

00:44 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/02/2007

Clara (7)

 

-         Bonjour Monsieur. Vous travaillez ici ?

-         Oui. Puis-je vous aider ?

 

Mehdi s’éloigna de sa fille. Du travail l’attendait. Une femme d’une quarantaine d’années scrutait les télévisions qui l’entouraient.

 

-         J’aimerais acheter une télévision. Que pouvez-vous me conseiller ?

-         Cela dépend quel appareil vous avez en vue et l’endroit où vous voulez le placer.

-         L’endroit ?

-         Oui. De combien de place disposez-vous ?

-         J’ai un appartement. Avec un salon. À peu près …

 

Nicolas s’approcha de Clara.

 

-         Salut. Excusez-moi de vous déranger. Vous pourriez m’indiquer comment je retombe sur le campus de l’ULB ? C’est près du cimetière d’Ixelles. J’avoue que je suis un peu perdu. Je ne vois pas du tout où je suis, là.

-         Oui, bien sûr. Ben, le plus simple, c’est de prendre le 46, ici, direction gare du nord. Et vous descendez à De Brouckère. Ensuite, vous prenez la ligne 71.

-         Ah, ok. De là, je vois. On est où ici, en fait ?

-         A Bruxelles ! répondit-elle avec un sourire. Non, enfin, vous êtes à 5 minutes à pied de la Bourse. A la périphérie des communes de Bruxelles et d’Anderlecht.

-         D’accord. On ne dirait pas comme ça, mais je vis à Bruxelles depuis toujours, pourtant !

 

Ils sourirent tous deux.

 

-         Vous êtes étudiant ?

-         Non, diplômé, déjà. En droit.

-         Tiens, moi aussi, s’étonna-t-elle. Enfin, je ne suis pas diplômée encore, mais étudiante. Je suis en 3ème. Enfin, en 2ème, se corrigea-t-elle.

-         À l’ULB ?

-         Oui. Vous êtes avocat ?

-         Oui.

-         Depuis longtemps ?

-         Non, j’ai commencé ce mois-ci.

-         Et ça fait quoi ? D’être de l’autre côté de la barrière ?

-         Clara. Tu veux manger ? interrompit son père.

-         Non, papa. Merci. Je dois retourner à l’unif. Tu peux faire ta sauce spaghetti, ce soir ?

-         D’accord. A tout à l’heure, benti.

-         A tout ! Je vais faire un bout de chemin avec vous, je pense, ajouta-t-elle à l’adresse de Nicolas en se retournant vers lui. Mais, si vous voulez, je peux prendre le bus suivant ! plaisanta-t-elle.

-         Non, non. Ça ira très bien comme ça. On pourrait se tutoyer, entre juristes, non ? Je m’appelle Nicolas.

-         Je suis Clara. Va pour le « tu » ! Tu travailles dans quel cabinet ?

-         Un petit cabinet pas très connu. Pas très loin de l’unif. C’est pratique pour les recherches en bibliothèque. Et le palais n’est pas très loin non plus, finalement. Vingt à vingt-cinq minutes en tram.

-         C’est vrai. Tu as déjà plaidé ? Ah, non, juste, il faut être au barreau depuis trente jours, non ?

-         Oui, en effet. Là, je découvre mes dossiers. Et je commence quelques recherches. Mais, mon maître de stage est sympa. Pour le moment, il n’est pas trop derrière moi. Il me laisse un peu le temps de prendre mes marques. C’est un ami de mon père aussi. Ca aide, sans doute.

-         Sans doute en effet. Et tu as pris quelle finalité l’an dernier ?

-         Finalité ?

-         Public ou privé ?

-         Ah, public. Mais, on appelle pas ça une finalité !

-         Oui, c’est vrai. Tu es encore dans l’ancien système. Moi, je suis déjà dans le système de « Bologne ». Et on appelle ça finalité.

-         Ah, ok. Et tu as choisi quoi, toi ?

-         Oh, je ne pourrai choisir que l’an prochain. Enfin, dans deux ans, plutôt.

-         Et tu penses te diriger vers … ? lui demanda Nicolas tout en notant mentalement son deuxième lapsus. Elle n’aurait donc remonté qu’un an. C’était peu.

-         Le droit public.

-         Tu sais déjà dans quel type de cabinet tu voudrais bosser ?

-         Ben, là, j’ai un job étudiant dans un cabinet. J’aimerais beaucoup être engagée là-bas, à la fin de mes études. On verra bien. Tu le connais peut-être. C’est tout près de l’unif aussi. Solbert et Mayeur.

-         Je connais de nom, évidemment. C’est plutôt pas mal de travailler là. Tu as trouvé ce job comment ?

-         Oh, ben, bêtement, en fait. Mon prof cherchait une réceptionniste. Et ça m’est tombé dessus. Un coup de pouce du destin sans doute.

-         Sans doute…

 

01:36 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/02/2007

coup de coeur

Plus je pense à toi

 

J'ai découvert cette chanson il y a 10 mois jour pour jour, lors de mon séjour en Tunisie.

Je la dédie à mon père...

12:48 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/02/2007

Clara (6)

Nicolas avait du pain sur la planche. Il fallait qu’il découvre qui était cette jeune fille et quelle était sa mission. Pour ce faire, il avait besoin de savoir exactement quelle période elle avait remonté et ce qu’elle y avait vécu. Il n’avait pas encore beaucoup d’expérience dans le domaine. Six ans, c’est peu. Il ne savait jamais trop comment s’y prendre. Devenir ami ou amant, enquêter comme un détective privé, écouter ses conversations avec la personne à qui elle confiera son secret ? Les possibilités étaient multiples. Il ne savait pas vraiment quelle était la meilleure. En tout cas, dans un premier temps. Car, il savait que d’ici quelques semaines au plus tard, il aurait à prendre contact avec elle, d’une manière ou d’une autre.

 

Jusqu’ici, il n’avait eu que trois missions. La sienne propre, et celle de deux autres. Deux garçons. Il avait réussi la première, mais restait sur un échec pour la seconde. La chance du débutant l’avait aidé pour François, mais elle ne s’était pas éternisée, et Luc en avait payé les pots cassés. Nicolas chassa ces idées noires et se concentra sur la jeune fille. Il l’avait suivie discrètement. Elle était tellement émue qu’elle ne s’était rendue compte de rien. Là, elle serrait un homme dans ses bras. Un arabe, d’une cinquantaine d’années environ, habillé d’un costume et d’une chemise bon marché dans les tons bruns et beige et de mocassins noirs, il avait les cheveux coupés ras et ne devait pas mesurer plus d’un mètre septante.

 

Ils étaient à l’entrée d’un magasin d’électroménagers, matériels hifi, et autres. Un autre homme se baladait à l’intérieur, arrangeant une étiquette ou frottant une tache sur un article. Il était grand, black, musclé, le crâne rasé. Il portait un sweet bleu et un jean. C’est tout ce que pouvait voir Nicolas de là où il était. Il décida d’entrer dans le magasin. Sa décision était prise. Le meilleur moyen d’accomplir sa mission avec elle, c’était de la rencontrer le plus rapidement possible.

 

Il traversa la rue.

12:22 Écrit par Tayiam dans Clara | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |