05/04/2007

 Un jour comme ça...

Il y a des jours, comme ça, qui ne sont pas comme les autres. Des jours qu'on aimerait oublier, des souvenirs qu'on aimerait enterrer. Mais d'autres souvenirs dont on voudrait se rappeler toujours aussi.

Aujourd'hui, je n'ai fait que ressasser des souvenirs tristes. Mais, pourquoi, au fond?

Alors, j'aimerais finir ma soirée en évoquant des souvenirs joyeux. Mais pas n'importe lesquels, évidemment. Des souvenirs concernant la même personne que celle à laquelle j'ai pensé toute la journée, plus que les autres jours, sans doute. Mon père.

Nous n'étions pas hyper proches, mais il était toujours là.

Il avait ses défauts. Insupportables ! Comme celui d'avoir toujours raison. Mais pas "toujours raison" à la Benoît ou Cavit, non, un "toujours raison" à la "moi", càd, sans vraiment avoir raison... Lol! (Mais, chut, il ne faut pas dire que j'ai dit ça!)

Alors, on se disputait, parfois pour rire, parfois pas, parce qu'évidemment, nos vérités étaient différentes, mais nous étions tout deux persuadés d'avoir raison ! Cela dit, si, sur le moment, ce n'était pas drôle, on en riait souvent par après ! Qu'est-ce qu'on était ridicules, quand même...

La première fois que je me suis installée chez lui, il y a deux ans, il avait mis son tout beau pyjama, pour me faire bonne impression! J'ai donc vu mon père descendre fièrement les marches avec un pyjama rouge pétant! Cela faisait très bizarre de le voir, soudain, "en toute intimité". Bon, il a tenu quelques jours, puis, il a vite remis sa tenue traditionnel de "dodo", càd, euh, ... je ne sais pas trop, en fait, il ne se changeait que quand on allait dormir. C'était toujours lui qui allait dormir en dernier.

Je me rappelle aussi de mon Bal de rhéto. Mon père était venu en début de soirée. Il nous avait aidés pour l'organisation. C'était lui, entre autres, qui nous avait trouvé l'endroit où on avait acheté nos boissons. C'était lui qui m'avait acheté ma tenue de bal, aussi. Dont des sandales avec un talon de 40 cm au moins (oui, bon, 8 dans la vraie vie, mais c'est énorme ! Et cela fait horriblement mal aux pieds... ). Il a offert quelques verres à mes amis, a discuté un peu, puis, quand l'ambiance a commencé à venir, il s'est discrètement éclipsé, "pour nous laisser entre jeunes". Tous mes amis, ce soir-là, avaient trouvé mon père "cool"! J'en étais toute fière!

Mais, je crois que de tout cela, le souvenir le plus ancré en moi, c'est quand j'étais petite. Toute petite. Et qu'il était encore avec ma maman. Pour moi, à cette époque, c'était mon papa à moi qui était le plus fort de toute la planète ! Quand j'avais peur, je pleurais après lui, parce qu'avec lui, comme avec ma maman, rien ne pouvait m'arriver. J'étais en sécurité.

Un jour, ma maman s'était évanouie. J'avais 4 - 5 ans. J'ai crié après lui. De toutes mes forces. Et soudain, il est entré dans l'appartement. Toute naïve que j'étais, j'avais cru qu'il m'avait entendue de son travail. (Son travail était quand même à 10 minutes à pieds de la maison... :lol:) Mais, ce jour-là, j'ai vraiment cru qu'il me suffirait, à l'avenir, de crier son nom très fort pour qu'il arrive à mes côtés.

Pour la petite histoire, la voisine, inquiète de m'entendre hurler, avait téléphoné à mon père, à son travail. Et c'est pour cela qu'il était arrivé, tout simplement... ;)

Mais, cette histoire résume bien la confiance absolue que j'avais en lui.

Les choses ont beaucoup changé, ensuite. L'adolescence, la distance, les conflits entre adultes, ...

Mais, si je regrette beaucoup de choses, je ne regretterai jamais d'avoir repris contact avec lui, et d'avoir eu la chance, ou plutôt l'honneur de connaître vraiment mon père. Avec ses défauts et ses qualités.

Aujourd'hui, à 17 heures, cela a fait un an qu'il s'est éteint...

00:46 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

C'est étrange qomme nous, futurs juristes qui passont notre vie à jouer des mots, comme parfois ceux-ci nous manquent Je ne sais pas quoi te dire si ce n'est que ton père a l'air d'avoir été quelqun de bien et que sur ce point-là, tu es sa digne fille...

Avec toute ma tendresse

Écrit par : audrey | 05/04/2007

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