11/06/2007

Fête des pères

Je crois que ce n’est un scoop pour personne, et surtout pas pour les lecteurs de ce blog : mon père est mort.

 

Il y a un peu plus d’un an, maintenant (oui, toujours pas de scoop, mais, je n’ai jamais dit que ce billet serait un scoop).

 

Aujourd’hui, enfin, hier (vu que je n’ai pas publié ce texte hier), c’était la fête des pères. Pour certains, c’est un jour merveilleux, pour d’autres, un jour comme un autre, pour d’autres, encore, un jour douloureux.

 

Douloureux parce qu’on n’a jamais connu son père, douloureux parce que les relations père-enfant ne sont pas toujours les plus sereines, douloureux parce que cela rappelle l’absence d’un être cher, douloureux pour encore d’autres raisons qui ne me viennent pas à l’esprit.

 

Pourquoi est-ce que j’en parle, me demanderez-vous ? Au fond, on sait que ce jour me rappelle mon père, blabla. Ou du moins, on s’en doute. Pas la peine de l’écrire en long et en large.

 

Oui, mais non ! (J’adore cette phrase !)

 

Ce n’est pas tellement à moi que je pense. C’est surtout à mes deux petits frères. Mes deux petits frères qui ont fait un cadeau pour la fête des pères, et qui n’auront personne à qui l’offrir ce cadeau.

 

Et là, j’avoue que je ne comprends pas. Je ne comprends pas la démarche de ces profs qui savent que l’enfant face à eux est orphelin (depuis peu, quand même), et leur font quand même faire ce cadeau de fête des pères.

 

L’an dernier, l’école a été avertie dès le décès de mon père. (Je parle de l’école des petits, évidemment.)

 

Mais, déjà, l’an dernier, à peine deux mois après sa perte, mes petits frères ont du, chacun, (donc, avec leur prof respectif, hein), faire un cadeau. C’était le bricolage du mois, leur application compte dans la note du cours d’éveil, et donc, pas le droit d’y échapper.

 

Bon, c’est dans le programme, je le conçois aisément. Mais !

 

Mais, il y a un minimum de psychologie à avoir, face à des enfants orphelins depuis peu. Le minimum c’est d’au moins dire « cette année, tu feras un double cadeau pour ta maman » et transformer le « set de table de papa » en « set de table de maman ». Ce n’est pas sorcier, quand même ! Si ?

 

Ben, visiblement, ça l’est pour ces profs.

 

J’avoue avoir été choquée l’an dernier de voir les petits rentrer avec leurs cadeaux pour papa.

 

J’avoue, surtout, avoir eu du mal à entendre le plus petit des deux qui avait 4 ans refuser de déposer le cadeau. J’avoue avoir eu du mal à le regarder fièrement assis dans le fauteuil, attendant le retour impossible d’un être cher disparu, son paquet emballé par ses soins sur ses genoux.

 

Il lui a fallu du temps, ce week-end-là, pour qu’il comprenne qu’il n’aurait personne à qui offrir son cadeau. Et s’il n’avait pas compris la réelle portée de la mort, il l’a comprise, quelque part, ce jour de fête.

 

Et j’ai trouvé ça laid de la part de cette école, et de ces profs.

 

Oh, sans doute, le petit a-t-il voulu faire comme les autres. « Moi aussi, je veux faire un cadeau pour papa ! »

 

Mais, c’était l’occasion où jamais de prendre du temps, à ce moment-là, et d’en parler avec la mère du petit. C’aurait été l’occasion d’expliquer les choses au petit, sans lui procurer de faux espoirs. C’aurait été l’occasion d’un dialogue entre le petit, sa mère et le prof.

 

Au lieu de ça, les profs n’ont rien dit, ont laissé passer, et nous ont laissées seules face à cet espoir d’enfant d’enfin revoir papa, parti depuis de longues semaines, déjà.

 

Ni ma belle-mère, ni moi-même n’avions pensé à cette p*tain de fête. Aucune de nous n’avait ça en tête. Personne ne nous avait dit que ce week-end-là allait être l’un des plus éprouvants de notre vie. On n’y était pas préparées.

 

Bien sûr, l’erreur est humaine. Mais, il faudra du temps, sans doute, avant que cette fête ne soit plus synonyme de tristesse. Il faudra du temps avant que je n’en veuille plus à ces deux profs.

09:30 Écrit par Tayiam dans Personnel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/06/2007

Fatigue

-         Je suis fatiguée

-         Encore, Tayiam ?

-         Oui, encore. Je ne sais pas quoi faire.

-         Ben, dormir !

-         Oui, sauf que je ne fais que ça, dormir.

-         Ah, ben, dormir moins, peut-être, alors. J’ai entendu dire que quand on dormait trop, on était fatigué.

-         C’est un peu paradoxal, ça, non ?

-         Oui, je trouve aussi. Mais, bon, ce sont des docteurs qui l’ont dit, alors…

-         Vive l’argument d’autorité !

-         Ben quoi ? Tu sais mieux qu’eux peut-être ?

-         Non, pas du tout. Bon, de toutes façons, je ne saurais pas dormir moins.

-         Ben, pourquoi ?

-         Parce que soit, je ne me réveille pas, soit, je me réveille, mais j’ai tellement mal à la tête que je me rendors, soit je m’endors sur mes cours, tout simplement. Il n’y a rien de volontaire là-dedans. Je ne sais rien y changer.

-         Bizarrement, je ne vois pas les choses de la même façon.

-         Bon, tu as quelque chose à me proposer, sans doute ?

-         Ben, oui, Tayiam. D’abord, mettre un réveil. Ca aide pour se réveiller. Si, si ! Tu le mets bien loin et bien fort. Comme ça, tu es obligée de te lever. Tu as mal de tête ? Pas de soucis, tu prends une douche et un aspégic ! Cela te réveillera et t’ôtera ton mal de tête. Et évite d’étudier dans ton lit, pour ne pas t’endormir sur tes cours, peut-être aussi.

-         Tu es vraiment d’une mauvaise foi crasse, toi, hein !

-         Euh, tu n’inverserais pas un peu les choses, Tayiam ?

-         Pas du tout. Je te dis que je me sens pas bien et toi, ben, tu…

-         Je ?

-         Tu fais comme si c’était de ma faute !

-         Non, je te propose des solutions, ce n’est pas la même chose.

-         Si !

-         Et c’est moi qui suis de mauvaise foi ?

19:15 Écrit par Tayiam dans Dialogue avec une folle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |