14/09/2007

Journée d'accueil des nouveaux étudiants

Vous voilà aux premiers jours de votre vie universitaire. Vous avez vaillamment réussi votre rhéto. Après, deux ans, certes, mais réussi quand même. Et vous avez envie de vous prouver à vous mais aussi aux autres que vous êtes capable d’y arriver.

 

Ah, l’unif’ ! C’est un rêve qui vous poursuit depuis bien longtemps. Là, aujourd’hui, il va commencer à devenir réalité.

 

La rentrée officielle n’est que le 15. Mais, il y a une journée pour les nouveaux étudiants. Le 13. C’est aujourd’hui.

 

Vous regardez votre reflet dans le miroir. Vous vous demandez si votre tenue fait suffisamment « universitaire » ou encore trop secondaire. Un rapide coup d’œil jeté sur votre horloge murale vous fait comprendre que vous n’avez absolument plus le temps pour ce genre de considérations.

 

Vous empoignez votre sac, dévalez les escaliers, claquez la porte, et courrez jusqu’au bus que vous attrapez in extremis.

 

Vous voilà devant le Janson. Vous ne le savez pas encore, mais, ce sera l’auditoire où vous aurez la majorité de vos cours. Vous adorez les lieux. Pas pour longtemps. Arrivée en 2ème, vous détesterez cet auditoire où les tablettes sont inclinées, laissant choir toutes vos affaires, où les bancs sont défoncés, où l’acoustique est merdique.

 

Mais, pour le moment, l’attrait du nouveau vous empêche de voir ces défauts. Vous adorez l’endroit.

 

Vous retrouvez une amie, unique pour l’instant. A deux, vous explorez les lieux. Le campus est tellement complexe et vous avez un tel sens de l’orientation que vous passez la journée à vous perdre. Heureusement, vous n’êtes pas les seules à explorer le campus. Les trois quarts des diplômés de votre école secondaire sont là. Le quart a choisi le droit, comme vous.

 

La ribambelle d’apprentis juristes gambade joyeusement et bruyamment d’un auditoire à l’autre. Vous les suivez. Vous êtes trop heureuse d’être là pour vous poser la moindre question.

 

Les jours suivant s’écoulent dans une douce euphorie. Vous êtes universitaire. Vous avez envie de le crier à la terre entière. Vous arborez fièrement l’écusson « ULB » sur votre classeur et portez vos livres à bout de bras dans le tram, votre sac vide sur le dos.

 

Mais, au fur et à mesure que le temps passe, une certaine peur s’immisce lentement en vous. Vous le savez, vous en avez d’ores et déjà la certitude, vous ne réussirez jamais. Que diantre, vous tenterez le tout pour le tout. Vous n’avez rien à perdre.

 

Vous tendez l’oreille vers les bruits de couloir de la faculté.

 

-         Ouais, droit romain, ça sert à rien d’aller aux cours ! Tout est dans le syllabus.

-         Un an sur deux, le « cours à pète » change. L’an dernier, c’était droit romain, cette année, ce sera histoire du droit.

-         Fais gaffe à psycho. Si tu ne réponds pas mot-à-mot, tu rates !

-         Le droit, c’est que du par cœur. Faut connaître le cours sur le bout des doigts si tu veux espérer un 12/20 !

-         Les profs, ils ont des quotas. Y a pas de numerus clausus, ici, mais, c’est tout comme. Donc, t’as intérêt à être parmi les meilleurs pour réussir.

-         Si tu vas pas au cours, les profs repèrent pas ta tête, et y a pas moyen de réussir (vous ne réfléchissez pas une seule seconde au fait que l’examen soit écrit).

 

Vous stressez comme jamais. Vous regrettez votre obstination à vous inscrire à l’université. Vous êtes entrée en enfer. Ce sera la honte si vous ratez. Et vous n’avez aucune chance de réussir. Vous pouvez dès à présent renoncer à toute vie sociale si vous voulez avoir une chance de réussir votre première année en moins de trois ans.

 

Dès le premier jour, vous allez à tous les cours. Vous prenez consciencieusement des notes que vous relisez religieusement tous les soirs. Quelques années plus tard, vous regarderez encore votre classeur de 1ère avec amour. Vous y aviez mis tant d’espoir et d’énergie.

 

Après deux semaines, votre vie est un véritable enfer. Vous n’aurez jamais le temps de terminer vos résumés avant le début de la session. Vous vous sentez noyées.

 

Il vous faut plusieurs semaines avant d’acquérir un certain rythme de travail. Vous avez remarqué que le cours de droit romain est retranscrit mot à mot dans le syllabus. Vous décidez de ne plus aller au cours oral, pour gagner du temps. Ainsi, vous arrivez à tout caser dans votre horaire. Vous vous dites que vous prendrez les notes de vos amis, et vous mettrez à jour au fur et à mesure. Vous n’en ferez rien, et photocopierez celles-ci, en même temps que toutes les autres, à la veille de votre blocus.

 

Malheureusement pour vous, après une semaine « d’équilibre », vous devez déjà changer vos habitudes : les travaux pratiques ont commencé. Vous en avez 3 par semaine. Toutes les semaines. Pour chaque TP, il vous faut entre 4 et 8 heures de travail. Votre vie est ingérable. Vous êtes une moins-que-rien. La dépression vous guette. Vous vous demandez comment les autres y arrivent.

 

Vous décidez de ne consacrez que maximum 4 heures à la préparation de vos TP pour préservez le peu de santé qu’il vous reste.

 

Au troisième TP de droit romain, l’assistant aborde une partie que le prof a vu quand vous n’étiez pas au cours. Vous vous rendez soudain compte que vous avez une mémoire orale fabuleuse. Vous ne savez répondre à aucune des questions posées. Vous vous sentez minable d’avoir suivi les conseils dispensés ci et là par d’autres étudiants aussi paumés que vous.

 

Dès le lendemain, vous suivez à nouveau les cours de droit romain de façon assidue. Vous en garderez un souvenir impérissable, pour le reste de vos jours.

 

Vous prenez la ferme décision de ne plus jamais suivre les conseils idiots que vous entendrez. Malheureusement, vous ne suivrez jamais cette résolution qui avait sans doute été la plus sage de toutes celles que vous avez prises.

  

Commentaires

Ca paraît si loin ajd, mais lorsqu'on s'y replonge les émotions reviennent à toute vitesse. Suivre les cours: bonne résolution que tu mettras à exécution cette année, j'en suis sûre! ;)
3 ans déjà...ça passe si vite, trop vite.

Écrit par : Cin... | 14/09/2007

Que les temps ont changé hein!... :'-/

Tu as oublié quelque chose de capital pour les JANE : vous rencontrez une petite incruste qui deviendra une de vos "compagnes de route" pour survivre à la traversée du désert... :-D

Écrit par : Céc | 15/09/2007

Bon Céc, faut quand-même que tu le saches, tu es plus qu'une "compagne de route", tu as atteint le stade d'" éclaireuse chevronée".;):)Nous ne pouvons plus nous passer de toi!!
Bisous bisous bisous!!

Écrit par : Cin... | 15/09/2007

Oooooooh! Comme ch'est gentil cha! Moi non plus je ne peux pas me passer de vous les filles... D'ailleurs, à ce soir;-)

Écrit par : Céc | 16/09/2007

... Tu sais bien que je t'adore céc ! ;)

Et que je partage l'avis de Cin à ce sujet : tu es bien plus qu'une compagne de route ! ;)

Écrit par : Tayiam | 20/09/2007

Tu veux dire que tu n'es d'accord avec moi QU' à ce sujet??!!!:p:p

Écrit par : Cin... | 25/09/2007

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