21/04/2009

Un pur moment de bonheur

Le jour se lève et fait pénétrer sa lumière dans notre chambre.

Mes yeux s’entrouvrent. Ma main s’avance. Sa chaleur est là, à quelques centimètres de moi. Je me sens bien.

Mon regard se pose sur sa silhouette. Il dort paisiblement. Comme tous les soirs, après avoir attendu que je me sois assoupie sur son épaule, il a posé délicatement ma tête sur mon oreiller et a lu pour s’endormir à son tour. Parfois, son sommeil le gagne rapidement. Parfois, au contraire, il lui faut deux ou trois heures pour se laisser enfin bercer par les bras de Morphée.

Dès lors, je me réveille avant lui et peut l’observer à loisir.

Il est beau. Beau comme un Dieu. Il n’y a pas que dans le domaine de la beauté que je le compare à un Dieu, d’ailleurs. Mais cela n’a rien à voir avec le moment présent. Du moins, pas encore.

Il est allongé sur le dos, les bras relevés au-dessus de sa tête. Sa respiration est régulière. Un léger sourire dessine ses lèvres. Sa peau légèrement hâlée brille. Il a chaud et transpire de manière à peine perceptible.

Mes doigts effleurent son bras. Sa main s’empare de la mienne et la pose sur son ventre. Il murmure un « je t’aime » du bout des lèvres dont il ne se rappellera pas au réveil. Je lui caresse le bras de mon autre main. Son visage bouge un peu. Ses sourcils se froncent légèrement.

Ma main s’aventure sur son torse nu, comme le reste de son corps d’ailleurs. Il aime dormir tout nu car il se sent plus libre dans cette tenue. Il frissonne. Petit à petit, il émerge de son sommeil. Il bouge sensiblement sa main qui descend juste au-dessous de son nombril.

Je l’observe.

J’aime le regarder lorsqu’il quitte le monde des rêves. Il a l’air d’un enfant qui s’éveille au monde. Je regarde la forme de ses yeux, de ses sourcils, de sa bouche, de son nez, de ses oreilles, de la naissance de son cou. J’ai envie d’explorer son corps de mes doigts puis de mes lèvres, de sentir sa chaleur contre moi, de sentir son cœur battre à travers le léger tissu de ma chemise de nuit.

J’attends encore quelques instants. Puis, ma main repart à la découverte de son ventre. Mes doigts font le tour de son nombril, descendent jusqu’à son pubis, remonte jusqu’à sa poitrine et se posent sur sa nuque.

Il murmure un deuxième « je t’aime ».  Ses yeux s’entrouvrent et se tournent vers moi. Je lui souris et ses yeux me répondent à sa manière tendre et douce.

Nos corps se rejoignent dans un lent mouvement, comme si nos corps étaient aimantés et attirés irrésistiblement l’un vers l’autre. Le cliché est répandu dans la littérature. Lorsque je lisais cela dans un livre je rigolais à part moi. Quelle image ridicule ! Mais, à présent, je la comprends. Elle est celle qui correspond le plus parfaitement à ce que je ressens en ce moment de tendresse partagée juste avant le lever.

Ses bras entourent mon corps et me pressent contre lui. Je me sens bien. A ma place. J’aimerais que ce moment ne s’arrête jamais. Je sens son souffle, dans ma nuque, qui me chatouille agréablement. Ses lèvres embrassent mon front, puis ma joue, descendent jusqu’à ma nuque remontent doucement les courbes de mon visage et repartent inlassablement dans leur rituel matinal.

Nos doigts se cherchent sans se trouver et parcourent des kilomètres de peau à la recherche de leur semblable. Nos sens sont en émoi. C’est agréable. Nos regards plongent l’un dans l’autre. Nos yeux sourient. Nous vivons un beau moment de bonheur et nous en profitons, pleinement conscients de ce trésor que tant de gens passent leur vie à chercher.

Le réveil nous rappelle qu’il est l’heure d’émerger de notre rêve et de sortir de cette douceur pour déjeuner et entamer cette journée qui s’annonce magnifique.

Je me demande combien de temps durera ce bonheur. Mais, je me promets une chose : tout faire pour que cela ne finisse jamais.

01:44 Écrit par Tayiam dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |