24/02/2008

6 choses sans importances sur moi...

J’ai été taguée par Pierre de Lune laquelle a été taguée par Béa, elle-même par Pivoine, elle-même par Valclair, taguée par Ondine pour un petit jeu.Voici les règles du jeu :

1) mentionner le lien jusqu'au blog d'où est parti le tag...


2) écrire le règlement dans un article.


3) écrire six choses sur soi - sans importance ?


4) renvoyer l'ascenseur -du tag- à six personnes... Qui prennent ou ne prennent pas...


5) Les avertir sur leur blog. 
 

 

Dire 6 choses sur moi, sans importance ? Mais, tout est important ! Hum… Ok, j’arrête de dire des bêtises. Et je me concentre :   1)     J’adore parler. Tout le temps. Ca me rassure. Même quand je n’ai rien à dire, je parle. Et si je ne parle pas, j’écris. Bref, je suis une indécrottable bavarde.

2)     Ma couleur préférée est le rose. Et oui. Je l’affirme. Enfin ! J’aime le rose. Mais, de manière plus sobre, j’adore le bordeau, aussi. Plus tard, quand je serai grande et que j’aurai mon chez-moi à moi, ma chambre ou mon living sera bordeau (je n’ai pas encore décidé quelle pièce le serait… peut-être les deux, finalement… ou pas !).

3)     J’ai coupé mes cheveux… Tout court. Si, si. Et même que de manière générale, les filles adorent, les mecs gays aussi, et les mecs hétéro pas du tout. Heureusement, il y a quelques exceptions. Mais, je sens que par cette coupe de cheveux (que j’adore, personnellement, c’est ça le drame !), je me suis condamnée à rester célibataire encore de longs longs mois…

4)     Je n’ai absolument pas la main verte. En deux ans, j’ai tué un bonzaï (celui de mon colocataire, en plus), une orchidée, deux plantes dont je ne connais pas du tout le nom, une rose de Noël… La seule plante qui ait survécu, c’est une petite chose, toute mimi que m’a offerte ma cousine, en désespoir de cause. Un truc très simple à arroser quand la terre est sèche et qui ne craint pas les noyades. Quand les feuilles s’éclaircissent, c’est que j’ai oublié d’arroser ma plante… Et quand je l’arrose, je peux mettre trop d’eau ! C’est génial ! Je l’aime, ma plante verte sans nom… :D

5)     J’adore ma ville : Bruxelles. Je ne m’imagine pas vivre ailleurs qu’ici. J’aime ses parcs, ses vieilles maisons qui côtoient des plus neuves, sans faire d’histoires, ses habitants au léger (hum) accent. J’aime nos compromis à la belge. J’aime ce mélange des cultures, qui fait la richesse de mon pays. J’aime ma Ville, tout simplement.  

6)     J’adore chanter. Faux certes, mais, j’adore quand même. Je ne sais pas comment mes amis font pour me supporter, d’ailleurs. J’ai toujours une chanson en tête. Une chanson pour quand je suis heureuse, une chanson pour quand je suis triste, une chanson pour quand j’aime quelqu'un, une chanson pour quand je suis déçue. Il y a toujours une chanson pour tout.   

 

A mon tour, maintenant de taguer quelqu’un enfin, quelques-uns.  Alors, tout d’abord, je vais évidemment taguer Elegia. Et puis, P’tit caillou. Pourquoi pas David… Et Wafinette ? Evidemment Radamanthe. Je pensais à Kardream aussi. Mais, il a déjà été tagué par Pierre de Lune. Tout comme Anaïs qui a aussi déjà été taguée… Il me reste Bruno, que je consulte presque tous les jours pour ses magnifiques photos… :)

19:16 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/11/2007

Une nuit ordinaire d'un enfant pas comme les autres

Le récit qui suit m’a été inspiré d’une histoire vraie. Thibault ne s’appelle pas Thibault, Louise ne s’appelle pas Louise, Georges ne s’appelle pas Georges, Sébastien ne s’appelle pas Sébastien. Je me suis permise, en effet, de changer ces détails et quelques autres aussi, mais l’essentiel de ce récit est véridique.  


 

L’enfant est recroquevillé au fond de son lit. Il sait qu’il n’a pas rangé la cuisine comme il l’aurait fallu. Et l’homme rentre de son travail. Rien qu’au bruit que la porte a fait en claquant, l’enfant sait qu’il est de mauvaise humeur.

 

Sa maman est au salon. Elle se terre elle aussi. Devant sa télévision. Chacun sa méthode. La peur hante ce foyer depuis de longs mois.

 

L’homme lâche ses affaires au sol et avance vers la cuisine. Il a faim. Il ouvre le frigo pour prendre le beurre et le saucisson. Il se redresse à la recherche du pain. Il n’est pas à son emplacement habituel, dans la corbeille à fruits qui n’a jamais vu un seul fruit du reste.

 

Son souffle se fait court. Ses yeux se plissent. Le sachet de pain est sur la table.

 

Il lance couteau, beurre et saucisson à côté du sachet et marche de son pas lourd vers le salon.

 

-         Il est où l’autre ?

-         Qui ? a-t-elle envie de demander. Mais, elle a renoncé depuis longtemps à faire dire le nom de son fils à son mari. Cela finissait systématiquement par se retourner contre elle.

 

Elle répond donc :

 

-         Il dort. Il a école demain.

-         T’as vu l’heure ? Il doit dormir à 10 heures, peut-être ? Moi, à son âge, je dormais 4 heures par nuit !

-         Il n’a que 12 ans, Georges.

 

L’homme n’écoute pas et ouvre brutalement la porte de la chambre de l’enfant en allumant l’ampoule unique qui pendouille au bout d’un fil.

 

Thibault est tourné vers le mur. Georges ne peut pas voir son visage. Il ne bouge plus, espérant qu’il le croit endormi. Mais, il a peur. Il ne verra pas venir le coup s’il tombe. Son cœur bat la chamade et Thibault a l’impression que si ce n’est pas Georges qui le tuera ce sera son cœur qui lâchera. Une larme coule le long de sa joue, mais il s’interdit de renifler ou de sangloter car cela trahirait son réveil.

 

Louise s’est approchée en tremblant. Elle enlace son mari et lui murmure des mots doux à l’oreille. Le sexe, c’est la seule parade qui lui reste désormais pour calmer la violence de son mari sur son fils. Elle éteint la lumière et repousse doucement l’homme vers le salon, tout en fermant la porte.

 

Il se laisse faire quelques minutes puis la chasse froidement. Il a faim. Il retourne à la cuisine engloutir six tartines avant de rejoindre sa femme dans la chambre pour lui faire l’amour.

 

Thibault, dans son lit, sanglote. Il a tellement peur qu’il ne peut pas s’endormir. Le silence s’est fait soudain, quand les adultes sont sortis de sa chambre. Il s’est senti soulagé. Ce ne serait pas pour ce soir. Mais, après quelques minutes, il entend des râles de sa maman. Il sait que l’homme lui fait du mal. Il sait aussi que c’est de sa faute. Il a tellement honte. Mais, il a trop peur pour oser sortir.

 

Il pense à son papa. Il aimerait tant être à ses côtés. Il aimerait sentir son odeur et entendre sa voix. Thibault ferme les yeux et imagine être dans les bras de son père. Il l’a vu ce matin, à la récréation. Mais, Georges ne le sait pas. S’il le savait, il piquerait une crise telle que Thibault ne veut même pas l’imaginer. Georges a interdit à l’enfant d’avoir le moindre contact avec Sébastien, son père.

 

Sébastien sait que Georges leur fait du mal à lui et à sa maman. Il a voulu porter plainte, mais Thibault est arrivé à lui faire changer d’avis. Du moins pour le moment. Il a minimisé les choses. L’enfant est persuadé que son père ne pourrait pas comprendre. D’ailleurs, il l’a bien vu quand son père lui a dit, il y a quelques semaines :

 

-         Tu sais, Thibault, Georges n’est pas au-dessus des lois. On est en Belgique. S’il vous fait du mal, il faut porter plainte. Et la police interviendra. Il ne pourra plus vous toucher après. La police vous protègera. Et moi aussi. Fais-moi confiance.

 

Mais, Thibault sait bien que ce n’est pas vrai. Les policiers sont déjà venus à la maison quand les voisins les avaient appelés. Ils ont écrit des trucs sur des papiers et ils sont partis. Georges est resté à la maison avec eux. Et rien n’avait changé. Son père est trop naïf, pense-t-il. Et surtout, Georges est trop puissant. L’enfant craint par-dessus tout la colère que la moindre action contre lui pourrait entraîner. Quand son professeur de gym voit une marque de coup, il ment avec tout l’aplomb dont il est capable en expliquant qu’il s’est fait ça au hockey. En effet, il s’est inventé une équipe de hockey et des entraînement trois par semaine. Il doit être convainquant puisque personne ne s’est posé plus de questions jusqu’à présent.

 

Pour éviter la colère de l’homme, l’enfant sait très bien quelle est la solution : que tout soit parfait pour que Georges n’ait plus aucune occasion de se fâcher. Ou alors, qu’il meure, l’un ou l’autre. Mais, cette dernière solution lui fait trop peur pour le moment. Il a encore le goût de vivre. Pour les jeux avec les copains en cour de récré. Pour les câlins avec sa mère. Pour ceux encore plus doux de ses grand-parents. Et pour tous les projets qu’il se construit. Il voudrait être policier ou juge. Pour avoir le pouvoir de mettre tous les « méchants » en prison. Et un peu pour faire peur, à son tour, à Georges. Il étudie beaucoup, en cachette, pour être le meilleur de sa classe. Il sait que l’école, c’est sa clef de sortie.

 

Souvent, il se demande si tout cela en vaut vraiment la peine. S’il doit continuer à se battre ou simplement baisser les bras comme sa maman. Mais, il veut la sauver. Il veut l’aider. Un jour, il a trouvé le journal de sa mère en faisant le ménage. Il en a lu quelques pages. Il sait, désormais, qu’il est le seul qui compte encore pour elle.

 

Elle a écrit que « sans Thibault, j’aurais déjà tout abandonné. Mais, il est si malheureux. Je dois rester pour lui. Il a besoin de moi, même si je n’arrive pas à l’aider comme je devrais. Je suis une mauvaise mère, je le sais. Sans doute, pourrait-il se passer de moi. Mais, je ne peux pas me résoudre à l’abandonner avec Georges. Maintenant qu’il l’a adopté c’est lui qui aurait la garde du petit. Je ne peux pas le laisser seul. Je dois tenir. Au moins jusqu’à ce qu’il soit assez grand pour partir et faire sa vie. »

 

Thibault a fermé là le précieux cahier et l’a rangé à sa place. Désormais, il a peur non seulement des coups de l’homme mais aussi de grandir et de laisser sa maman seule. Sa maman n’a plus d’amis. Elle ne voit plus jamais sa famille non plus. Georges a interdit à sa femme de les revoir lorsqu’il a surpris une discussion lors de laquelle sa mère tentait de la persuader de quitter son mari. Elle sait que son gendre est violent. Elle voudrait tant que sa fille soit en sécurité et vive un conte de fée. Mais sa vie est un cauchemar. Et, sa mère est désemparée, elle ne sait pas comment aider sa petite fille chérie.

 

Si Thibault voit encore ses grand-parents, c’est uniquement parce qu’un juge l’a ordonné. Ce même juge n’a, par contre, pas autorisé de droit de visite à Sébastien. Alors, ils se voient en cachette.

 

Thibault est devenu un as en cachotterie. C’est sans doute le plus grand menteur de tous les temps. Il a l’aplomb de celui qui dit la vérité. Il a dû très vite apprendre à mentir. Pour éviter les crises, pour éviter les coups, pour éviter les larmes, pour calmer sa peur. Mentir est devenu une seconde nature. C’est son pass de survie.

 

Parfois, il se dit, en souriant à moitié, qu’il ferait un détective infiltré excellent. Il en voit parfois dans des films. Ils mentent à tout le monde et se font passer pour ce qu’ils ne sont pas. Il serait vraiment génial dans ce rôle. Ou alors, il pourrait être acteur. D’ailleurs, il aime beaucoup son cours de théâtre, le mardi soir. Il serait le plus populaire, le plus beau et le plus riche acteur du monde.

Ce soir, dans son lit, pour se calmer, il pense à ça. Il s’imagine sur le tournage d’un film à succès. Il est génial et tout le monde l’admire. Ses larmes se calment lentement. Son cœur ralentit. Ses paupières se ferment doucement. Morphée a vaincu les démons de la terreur. Thibault s’est endormi. Il est quatre heures du matin. On est le mardi 2 octobre 2007. Dans deux heures, le soleil se lèvera. Dans trois heures, Thibault prendra un gant de toilette et se lavera le plus silencieusement possible. Ensuite, il déjeunera d’une tartine au chocolat. Il effacera toute trace de son passage, enfilera son manteau, prendra son cartable et sortira de l’appartement aussi discrètement qu’un fantôme. Aujourd’hui, il n’aura aucun bleu à cacher. Juste de larges cernes sous ses yeux verts.

00:47 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/05/2007

Des rêves honteux...

-         Bonjour Docteur

-         Bonjour. Je vous en prie asseyez-vous.

-         Merci.

-         Je vous écoute.

-         Je… Je ne sais pas trop par quoi commencer. Je… Je crois qu’il y a une chose importante que vous devriez savoir. En réalité, c’est la raison pour laquelle j’ai commencé à venir vous consulter.

-         Bien, je suis à votre écoute. Racontez-moi, je vous en prie.

-         Je… Je fais des rêves bizarres, docteur. J’ai peur d’être malade. Vraiment malade…

-         Quel genre de rêve ?

-         Des rêves de nature érotique, docteur.

-         Vous semblez considérer que ces rêves sont répréhensibles. Y a-t-il une raison particulière ?

-         Oui.

-         Laquelle ?

-         Je… Ce ne sont pas des femmes qui peuplent mes rêves. Mais des enfants. Je… Je rêve que… que mes doigts les touchent.

-         Les touchent où ?

-         … Je touche… Je… Je touche leur sexe.

-         Et que ressentez-vous à ce moment-là ?

-         Je… C’est comme si je faisais quelque chose de bien, comme si je leur faisais du bien. Mon Dieu, quelle horreur ! Comment puis-je faire ce genre de rêve, docteur ? Ce sont des enfants, enfin !

 

Jean éclate en sanglots. Il ne pleure pas souvent, pourtant. Mais, là, l’émotion est à son comble. Il vient d’avouer à quelqu'un d’humain sa pire honte, sa plus grande souffrance mais aussi sa plus grande peur. Il rêve qu’il touche des enfants, parfois même qu’il leur demande de faire des choses très intimes. Dans ses rêves, ce sont toujours des filles. Des petites filles d’une dizaine d’années. Elles ont l’air si heureuses dans ses rêves.

 

Il se dégoûte lui-même depuis qu’il a commencé ces rêves. Il pensait que cela s’arrêterait, que ce n’était que la peur de devenir bientôt papa qui l’effrayait. Mais, ces rêves perdurent depuis six mois déjà, et sa femme est sur le point d’accoucher. D’une petite fille.

 

Il n’a rien dit de ces rêves à son épouse. Il l’aime trop pour risquer de la perdre.

 

Alors, il a décidé de venir consulter un psy. Cela fait deux mois que la thérapie a commencé. Il voulait attendre d’avoir confiance en sa thérapeute avant de lui avouer. Il savait que c’était ridicule car c’était son métier, mais en même temps, il ne pouvait pas venir devant un pur inconnu lui dire ce qu’il venait de lui avouer.

 

Il a peur. De plus en plus. Et si il était pédophile ? Et si un jour il faisait du mal à sa fille ou à tout autre enfant, d’ailleurs ? Et s’il l’avait déjà fait et qu’il ne s’en souvenait plus ?

 

Des milliards de questions tournaient dans sa tête.

 

Une fois lancé, il ne s’arrête plus. Il raconte, il raconte. Il raconte ses rêves et son dégoût de lui-même à chaque réveil. Il aimerait tellement comprendre ce qui lui arrive. Il est prêt à prendre n’importe quel traitement pour juste redevenir normal. Il a peur.

 

**

 

Cela fait deux mois que Jean a révélé son secret. En deux mois, il a appris beaucoup de choses sur lui-même. Bien sûr, il lui faudra encore du temps. Du temps pour oublier ces rêves qui ont, heureusement, disparu. Du temps pour oublier d’autres choses aussi.

 

Au fil de sa thérapie, il est remonté jusqu’à sa tendre enfance. De récit en récit de souvenirs d’enfant, il s’est un jour rappelé une scène qu’il avait tenté d’enfouir au plus profond de lui. Son oncle aimait bien les enfants. Un peu trop bien, malheureusement.

 

Un jour, Jean était rentré par inadvertance dans la chambre de son oncle qui était « occupé » avec une petite fille. Jean avait pris ses jambes à son cou. Du haut de ses six ans, il avait très bien compris que son oncle et la petite fille faisaient les mêmes choses dégueulasses que sa maman et son papa, la nuit.

 

Son oncle l’avait rattrapé. Ils avaient longuement discuté, et son oncle lui avait alors expliqué qu’ils ne faisaient rien de mal, au contraire, il faisait du bien à la petite fille. Mais que cela devait quand même rester un secret entre Jean et lui.

 

Jean était mort de trouille. Il n’y avait pas une once de gentillesse dans le regard de son oncle, juste de la démence. Il avait couru dans les jupes de sa mère et n’avait plus décollé de là.

 

Il n’en avait jamais parlé à personne et avait enfoui ce souvenir très très loin dans sa tête.

 

Maintenant qu’il a redécouvert ce lourd secret, il tente de se reconstruire. Petit à petit. Il a fini par en parler à sa femme qui a, entre temps, accouché d’une petite fille merveilleuse. A deux, ils construisent à présent leur vie, qu’on leur souhaite la plus épanouie possible.

09:10 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/04/2007

Lucas...

Un enfant marche le long de la digue.

Il pense à sa maman.

Elle lui manque tellement.

Il vit dans une chouette famille pourtant.

Et il sait qu'il a de la chance.

Ses camarades, à l'institution, n'ont pas eu sa chance.

Certains y sont encore.

D'autres sont tombés dans des familles affreuses.

Lui, il a eu une famille de bourgeois, comme sa maman aurait dit.

Ils ont les moyens, il le sait.

Tellement plus que sa maman.

Et ils sont attentionnés aussi.

Mais tellement moins que sa maman.

Sa basket droite caresse le sable de sa pointe.

Il s'est arrêté de marcher.

Il pleure.

Tout doucement.

Sa maman est à l'hôpital, depuis maintenant 1 an.

Son nouveau mari l'a tellement frappée qu'elle en a perdu connaissance.

Mais cela ne l'a pas pas empêché de continuer à déverser sa haine sur elle.

Lucas était dans sa chambre.

Il était mort de peur.

Il voyait sa maman étalée sur le sol.

Mais, son instinct de survie lui dictait que s'il sortait de sa chambre, il aurait droit au même sort.

Mais, il ne voulait pas être lâche, le petit Lucas.

Alors, il a pris le téléphone.

Discrètement.

Son beau-père était tellement occupé qu'il n'a rien vu.

Et il a téléphoné au numéro que sa maman lui avait demandé d'apprendre par coeur : le 112.

 Une gentille voix d'homme avait répondu.

Et quelques instants plus tard, des policiers sonnaient à sa porte.

Le cauchemar se finissait pour la maman de Lucas.

L'homme fut emmené, les menottes aux poings.

Lucas et sa maman furent conduits à l'hôpital, mais dans deux services différents.

Lucas ne put pas rester auprès de sa maman.

Ensuite, on le conduisit dans une institution qui s'occupait des enfants.

Des enfants maltraités et délinquants.

Un jour, l'éducateur était venu le chercher et lui avait présenté sa future famille d'accueil.

Quelques jours plus tard, il déménageait.

C'est comme ça qu'il a atterri là.

Sa famille d'accueil a une maison à Ostende.

C'est là qu'il est, en ce moment.

Mais, son coeur est avec sa maman.

Elle va beaucoup mieux, ces derniers temps.

Mais les médecins ne se prononcent pas encore sur la date de sa future sortie.

Elle a eu de nombreuses fractures qui ont nécessité plusieurs opérations chirurgicales.

Lucas recommence à marcher.

Il se dirige vers "sa" maison.

Sa famille lui a permis d'aller voir sa maman avant de partir à la mer.

Le centre ne le lui permettait que deux fois par mois.

Grâce à sa famille d'accueil, il avait pu voir sa maman quatre fois, ce mois-ci, déjà.

Il avait de la chance.

Alors, Lucas a décidé de leur offrir un petit cadeau, avec l'argent de poches qu'ils lui donnent, chaque semaine.

Il arrive enfin devant le magasin de fleurs.

il achète un bouquet de fleurs blanches. Parce que le blanc est la couleur préférée de Lucas.

Puis, il va chercher un beau cadre. Un cadre en bois, en forme de coeur.

Il y place une photo d'eux trois.

Et il achète, enfin, une carte. Une jolie carte, où il écrit :

"Mèrssi bocou poure tou se ce vous fète poure moi é ma maman"

Il a pris beaucoup de soin pour écrire ces quelques mots.

Il a huit ans, mais un retard important de scolarité.

Il a bien été à l'école, mais pas de façon régulière.

Sauf depuis un an.

Mais, il a encore beaucoup de choses à apprendre.

Il est content de lui.

Il s'en retourne vers la maison.

Sa famille d'accueil sait qu'elle ne pourra pas le garder longtemps. Elle sait que tout cela n'est que provisoire. Mais elle sait aussi que c'est important pour le petit bonhomme qu'elle a recueilli. Elle sait qu'il va en garder un souvenir éternel et que cette période est extrêmement difficile pour lui.

Sa maman d'accueil, Martine a les larmes aux yeux en recevant ces quelques présents. Elle sait que, quelque part, elle a réussi sa mission. 

Elle a, elle aussi, une surprise pour Lucas.

Sa maman peut sortir de l'hôpital, demain.

Et elle va commencer toutes les procédures pour pouvoir récupérer la garde de son enfant.  

Martine l'aidera. Pour Lucas.

15:08 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/12/2006

Noël

Stéphanie ouvrit les yeux. Il faisait clair, déjà.

 

Elle regarda par la fenêtre. L’avenue qui débutait au pied de son immeuble était blanche. Le ciel dégagé permettait de profiter encore plus de cette blancheur.

 

Il était 7 heures du matin. Le 25 décembre. Personne n’avait encore foulé cette neige, tombée comme par magie la nuit de Noël. Stéphanie enfila son plus épais imperméable ainsi que ses bottes de randonnées et fila à toute allure gambader dans la neige.

 

Elle avait l’impression d’être la reine des glaces, dans ce parc où seule elle laissait un sillon grisâtre sur son passage. Elle aimait l’hiver. Encore plus le jour de Noël. Elle pouvait chanter, rire, crier, c’était à elle de décider, et personne ne pouvait l’en empêcher.

 

Toc-toc.

 

Stéphanie rouvrit les yeux pour la deuxième fois de la journée. L’infirmière venait lui apporter son petit déjeuner. Un morceau de cougnou et un chocolat chaud. Pour Noël, lui dit l’infirmière, avec un sourire.

 

Stéphanie lui sourit, elle aussi. Mais d’un sourire las.

 

Atteinte d’un cancer, elle était condamnée à rester cloîtrée entre les quatre murs de cette pièce ou de celle des soins, jusqu’à ce que la maladie s’en aille. Les médecins étaient optimistes. Stéphanie sentait bien que le regard des infirmières à son égard était plus confiant. La maladie perdait du terrain, chaque jour un peu plus. Mais pas encore assez vite pour Stéphanie.

 

Cette année encore, elle ne pourrait pas profiter de la neige. Mais, l’an prochain, elle serait guérie ! Et elle pourra courir jusqu’à en perdre le souffle !

21:04 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

01/11/2006

Luc et Marion

Luc ouvre un œil. Une odeur de café frais et de pain chaud lui monte aux narines depuis quelques minutes déjà. Marion commence à travailler avant lui et prépare donc le petit déjeuner.

 

Le satin des draps lui caresse le corps.

 

Un moment parfait !

 

Luc reste étendu sur son lit quelques instants, profitant du calme de la maison, de la chaleur du lit et de la douceur des draps.

 

Marion est toute guillerette, ce matin. Luc est surpris de la voir débouler dans la chambre, nue sous son peignoir, avec un plateau contenant un petit déjeuner pour deux.

 

-         J’ai appelé nos bureaux respectifs et nous ai fait portés pâles, dit-elle sur un clin d’œil.

 

Luc sourit. Décidément, ce matin est parfait.

 

Marion attrape une petite table pliante qui convient à merveille aux petits déjeuners au lit et se glisse sous les draps encore chauds, à côté de Luc, après avoir déposé le plateau. Des mains se perdent sous les draps, des caresses sont volées furtivement, des baisers entrecoupent les bouchées de pain frais et encore tiède. Puis, le déjeuner est tout à fait abandonné, les amoureux ne pensant plus qu’à l’autre et se consacrant tout entiers au plaisir de son partenaire.

 

Allongés côte à côte, Marion et Luc sourient dans la nuit.

 

Leur couple, hier encore se fissurait. Aujourd’hui, il se ressoude. Après avoir fait l’amour, ils se sont promenés dans le parc qui se situe à quelques pâtés de maisons seulement de leur logement. Durant cette longue promenade, ils ont d’abord consacré du temps à profiter de la nature qui les entourait. Ce paysage d’automne est tellement beau. Ces couleurs chaudes, dans ce temps si froid, donne envie de s’y perdre. Les oiseaux chantent, d’un chant plus silencieux qu’au cœur de l’été. Plus calme. Main dans la main, ils se sont enfoncés dans les buissons qui annoncent le début du bois.

 

Arrivés à une clairière, ils se sont assis, l’un contre l’autre. Luc avait aimé ce moment de paix, de silence, de solitude partagée. Marion avait des tas de choses à dire. Mais, pour une fois, elle avait laissé à Luc le temps de profiter…

 

Alors, ils ont parlé. De leurs soucis, de leurs rancunes, de leurs desideratas, de leur parents, de leur boulot, de leur maison. Marion s’était libérée d’un poids. Luc comprenait un peu mieux sa moitié. Ils ont fait des projets, des promesses, ils ont échangés quelques baisers, bien à l’abri des regards indiscrets, au milieu de leur clairière si peu connue du public.

 

Puis, main dans la main, ils sont rentrés chez eux. En silence, méditant sur leurs paroles.

 

Allongés côte à côte, Marion et Luc sourient dans la nuit.

23:45 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/10/2006

Il fait noir

Il fait noir.

 

Une petite fille est assise au fond de la pièce. Les jambes repliées entre ses petits bras. Elle tremble. En silence. Elle voudrait tant disparaître. Devenir invisible. Alors, elle se fait la plus silencieuse possible. Même sa respiration devient inaudible.

 

Elle ferme les yeux. Ses poings serrés, elle attend que le temps passe. Elle attend. Elle ne sait pas trop quoi. Un jour meilleur, peut-être ? Elle aimerait tellement une vie meilleure. Une vie avec des rires, des nœuds dans les cheveux, des étincelles dans les yeux, une petite sirène sur son plumier, comme ses amies, à l’école.

 

Elles ont tellement tout ce qu’elles veulent, elles ? Pourquoi pas cette petite fille, là ? Pourquoi tant d’injustices ?

 

La petite fille imagine sa vie autrement. Un rêve à la Harry Potter où quelqu'un viendrait la chercher pour la conduire dans un endroit merveilleux. Elle aurait des pouvoirs magiques surpuissants et vaincrait tous les méchants.

 

Mais le noir l’enveloppe tous les soirs. Et personne ne vient la délivrer.

 

Dans le salon, ses parents n’ont de cesse de faire retentir leurs cris. Joyeux ou en colère en fonction de l’humeur de l’alcool qu’ils ont ingéré ce jour-là…

 

La petite fille commence petit à petit à comprendre ce qu’elle attend : elle attend de grandir. Vite. Très vite. Pour fuir cette vie infernale le plus rapidement.

00:30 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/10/2006

La joie de la liberté

Une nouvelle année commence.

 

Il y en a qui prennent de bonnes résolutions le 1er janvier, moi, c’est le 15 septembre ! Cette année, je vais travailler. Je vais commencer tôt. Je vais moins sortir aussi. Et aller à tous les cours. J’aurai des notes en ordre. Et j’aurai fait tous mes résumés avant la session. Moi-même, hein !

 

En réalité, je vais surtout emménager seule, loin de mes parents… Et oui, cette année, je découvre la joie du kot et de la cohabitation. La joie de l’indépendance, et avec elle, la joie de faire ses courses, de penser à son linge (ouais, y a pas de buanderie, ici !), d’imaginer les repas que je vais préparer (bon, j’ai déjà fait des raviolis, des pâtes bolo, une pizza, qu’est-ce que je fais aujourd’hui ?), de compter soigneusement son budget, …

 

Bref, toutes les joies de la vie d’adulte.

 

Mais la co-location, c’est surtout rencontrer de nouvelles personnes. A mon étage, trois filles, quatre garçons.

 

Les premiers jours, on se dit bonjour, on se présente.

-         Salut, je m’appelle George.

-         Salut, je m’appelle Miriam.

 

Au fil des jours les présentations se font de plus en plus longues :

-         Moi, je fais Solvay. Je suis en première. Et toi ?

-         Ben, moi, je suis en Droit, en troisième.

-         Et tu habitais où avant ?

-         Chez mes parents (sans blague ?!). Oui, enfin, à Bruxelles quoi. (j’ai vu à sa tête que ma première réponse n’était pas celle qu’il attendait…). Et toi ?

-         A Namur.

 

Et puis, bon, on se rend compte qu’on découvre tous les mêmes joies pour la première fois (sauf un des gars, le plus âgé, qui kotte depuis trois ans).

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai appris à cuisiner jeune, et je me débrouille plutôt pas mal. Le seul truc c’est que j’ai appris à cuisiner pour sept (et oui, vive les grandes familles), et sur une cuisinière au gaz. Là, je dois cuisiner pour moi seule, et sur une cuisinière électrique : cette saleté met bien plus de temps pour chauffer ! Mais aussi bien plus de temps pour refroidir… Et puis, le proportions ne sont pas du tout les mêmes.

 

Bref, lundi dernier, je me retrouve à cramer mon plat. Irrécupérable. J’ai oublié d’enlever la casserole de la plaque. Pourtant, je l’avais éteinte (la plaque… Vous suivez ?). Mais le temps qu’elle refroidisse, tout était cramé…

 

Alors, j’ouvre un carton de soupe. Et je remplis ma casserole. Evidemment, pour moi toute seule, c’était beaucoup trop, une casserole.

-         Hé George, on partage une soupe ?

-         Pourquoi pas ! Moi, j’ai fait de la sauce bolo et des pâtes pour un régiment ! On partage aussi ?

-         Super ! Mais il reste trop pour nous deux…

-         Hé Jean, ça te dit une soupe et un spaghetti bolo ?

On a fini à quatre ! Première soirée entre coloc’.

 

Au début, chacun prend un peu ses marques. La salle commune (le commu, ou la cuisine…) se remplit petit à petit. Chacun amène son produit vaisselle, son éponge, son essuie de cuisine. Le sentiment de ridicule (sept produits vaisselles devant un évier, c’est pas courant) s’insinue en chacun de nous, petit à petit. Jusqu’à ce que quelqu’un se décide.

-         Hé, et les gars, si on partageait ? Ca prendrait moins de place, et puis, c’est plus sympa !

Ouf !

 

Quatre garçons, trois filles. Nous les filles, on a l’habitude de cuisiner, et on arrive à s’en sortir sans trop de problèmes. Les garçons, par contre, ont un mal fou ! Quoi ? Sexiste, moi ? Non, mais un résidu de sexisme dans notre éducation, oui (j’ai joué avec des poupées et des barbies, mon meilleur ami avec des voitures et des jeux de construction !) ! Le regard perplexe de George face à sa poêle et son steak a valu son pesant d’or.

-         Je dois mettre du beurre ? En quelle quantité ?

-         Ben, juste assez pour que ça ne colle pas au fond de ta poêle.

-         Ah, bon…

 

Le bâtiment que j’occupe est tout neuf. Ca a plein d’avantages : c’est tout beau, tout technologique, on peut se la péter devant les autres. Mais ça a surtout plein d’inconvénients : la maison n’est pas finie, c’est donc tout poussiéreux, les ascenseurs déconnent complètement, il n’y a pas de chauffage (à cette période-ci de l’année, ce n’est pas encore dramatique, mais bon), il n’y a pas encore de raccordement à internet ni à la télédistribution, des trous peu esthétiques ornent nos murs, etc.

 

Mais le pire du pire : c’est la douche ! Je n’ai pas d’eau chaude. Enfin, si. Mais pas à tous les moments de la journée. A 8 heures moins quart, non. Mais à 9 heures, oui. A 10 et 11 heures, on oublie. A midi, oui. Et là, c’est encore plus drôle : si elle est utilisée à la cuisine, je n’en ai pas dans ma chambre. Partageant la cuisine à 7, elle est quasi occupée non stop jusqu’à 14 heures. Et là, il n’y a plus d’eau chaude… Etc.

Bref, je peux prendre ma douche entre 8h45 et 9h15, pas avant, pas après !

 

Petit à petit, on se lie d’amitié avec nos co-kotteurs. Et c’est vraiment sympa. Premier dvd partagé sur des chaises inconfortables en bois, dans le commu. Puis, dans la chambre de l’un ou de l’autre (bien plus confortable, un lit qu’une chaise!). Première soirée ensemble, hors de l’appartement. D’abord au TD. On découvre nos nouveaux voisins sous un autre jour : leur côté bourré ! Ca peut être drôle… Ou pas. Puis, on va boire un verre. Et puis, et puis, …

 

Toutes ces petites choses rapprochent. Ou éloignent. Des affinités se créent avec certains, pas du tout avec d’autres. Un microcosme dans un appartement de sept.

 

Une belle étape avant d’entamer, pour de vrai, cette fois, la vie d’adulte qui nous attend ?

18:13 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02/08/2006

maltraitance

             L'article qui suit me tient particulièrement à coeur. Je l'ai écrit il y a déjà deux ans, quelques semaines avant mon entrée à l'unif'. Un peu long, il est vrai, mais à lire jusqu'au bout... ;)

 

            A la télévision, je viens de voir un débat sur la maltraitance : peut-on se reconstruire ? Chaque intervenant, une ancienne victime, entrait à tour de rôle sur le plateau relater les faits qu’il avait vécus.

            La première chose qui m’ait frappée est le fait qu’à chaque nouvelle arrivée, les participants commençaient par dire : « J’ai beaucoup d’admiration pour le courage de ces gens (en montrant les autres victimes). Leur histoire est terrible ! » Comme si la leur ne l’était pas. Comme s’il y avait négation de leur propre malheur.

            Pour être tout à fait exacte, il ne s’agit pas d’une véritable négation de leur souffrance mais plutôt d’une forme de protection, de relativisme de leur propre douleur (« il y a pire que moi »). De plus, il faut aussi comprendre que leur histoire, ils ont eu le temps, en quelque sorte, de la digérer. Ils ont dû faire face au moment même et ce fut dur, certes. Mais, à présent, c’est fait, c’est fini… et ce n’était peut-être pas aussi terrible que ça, finalement.

            C’est là qu’intervient la véritable négation du mal, comme si ce qu’ils avaient vécu n’était pas si horrible. Car on parle bien, ici, de maltraitance au sens le plus grave du terme, avec tout ce que ça contient de violences physiques, sexuelles et psychologiques.

            C’est donc dans ces moments de déni de soi, car cette maltraitance fait partie à tout jamais de leur histoire, de leur être, qu’il est important que quelqu’un, qui qu’il soit, rappelle à la victime que son récit, son histoire est terrible aussi.

 

            Tous parlaient de la difficulté d’en parler et du besoin, pourtant, de se libérer de ce passé qui fait mal en en parlant, en écoutant, regardant, sentant la réaction de l’autre, pour voir, pour savoir si l’on est toujours considéré comme normal.

            Et c’est vrai que, bien souvent, la victime a l’impression que personne au monde ne peut la comprendre, jusqu’à ce qu’enfin une personne, un « libérateur » prenne enfin conscience de cette souffrance, sans que celle-ci ne soit nécessairement exprimée oralement car de nombreux signes autres que la paroles sont révélateurs d’un trouble, même si, soyons honnête, ces signes ne sont pas (ni ne peuvent être) systématiquement (re-)liés à une maltraitance.

 

            Il reste néanmoins nécessaire que quelqu’un prenne conscience de ce mal-être.

            A partir de là, l’échelle de sauvetage est lancée. Ce « libérateur » peut aider efficacement la victime en faisant appel à des spécialistes (psychologues, centre PMS, médecin, centres spécialisés pour femmes battues, SOS enfants, et bien d’autres) mais aussi en étant et restant une oreille attentive pour la victime : l’écouter, être présent, la rassurer… et surtout, arriver à lui extirper cette foutue douleur en parlant de son histoire.

            De fait, je suis en parfait accord sur ce point, avec Françoise Dolto pour qui toute thérapie doit passer par une prise de parole du patient sur sa souffrance, que cela se fasse avec un thérapeute ou non, peu importe.

            Malheureusement, il arrive bien souvent que l’enfant ne trouve personne avec qui en parler, se persuadant de plus en plus que ce qu’il vit est normal, que c’est ainsi dans toutes les familles voire que c’est lui qui n’est pas normal d’en souffrir ainsi, de ne pas accepter cette situation ou de ne l’accepter que mal. Et ce n’est souvent qu’une fois adolescent voire adulte qu’il se rend compte, au détour d’une banale conversation ou par une prise de conscience de l’image familiale véhiculée par les médias, que ce n’est pas normal.  

            Cela n’empêche pas certains enfants maltraités devenus adultes de reproduire leur schéma familial sur leur(s) propre(s) enfant(s).

            Est-ce à dire que tout enfant battu deviendra nécessairement batteur d’enfants ? Bien sûr que non, il ne s’agit en aucun cas d’une vérité générale. Même s’il est vrai qu’une très grande majorité de parents qui maltraitent leurs enfants ont eux-mêmes été maltraités étant enfant, le contraire est loin d’être vrai !

            Alors, pourquoi certains arrivent à surpasser ce mal et à construire un nouveau schéma familial quand d’autres en sont incapables ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre car, ici aussi, aucune vérité générale ne peut être admise : il s’agit d’analyser les situations au cas par cas.

            Néanmoins des essais d’explication peuvent être formulés.

            Ainsi a-t-on remarqué que certains enfants arrivent à quérir une force en eux et à voir plus loin que le présent : ils peuvent, dès lors et bien que maltraités, avoir d’excellentes notes à l’école, par exemple, s’acharnant à l’étude dans le but présent que le temps passe plus vite, et d’oublier, pour un temps, l’horreur de la vie quotidienne, mais aussi dans le but futur d’être enfin un adulte indépendant, inaccessible à l’emprise de son bourreau. D’autres se lancent corps et âme dans une entreprise, une discipline qui leur tient à cœur (dessin, football, cheval, …) et qui leur permettra d’être enfin reconnu.

            Bien d’autres exemples pourraient être cités.

            On observe, là, des enfants qui tentent de surpasser leur souffrance, de l’oublier (de la nier ?) pour rendre la vie plus supportable au jour le jour. Malheureusement, certains n’y arrivent pas, et se fondent dans une déprime, dans un malaise, dans un mal-être même, permanent, ce qui amène parfois, dans le pire des cas, au suicide.

            C’est à nous, les adultes, de détecter ce mal, et de donner à ces enfants une raison de vivre, autre que leur souffrance. A nous d’essayer de les protéger de toute violence familiale. A nous aussi de créer des institutions dignes de ce nom pour les accueillir au mieux, le cas échéant, et les aider. A nous, enfin, d’agir pour que ces enfants malheureux aujourd’hui soient des adultes épanouis demain.

10:18 Écrit par Tayiam dans Article | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |